En 1999, le comédien
Denis Leary a déjà une belle carrière derrière lui. Surtout connu pour ses deux spectacles irrévérencieux
No Cure for Cancer et
Lock'n'Load, des digressions verbales aussi politiquement incorrectes que totalement jouissives, ce fan des RedSox a en outre à son actif plus d'une vingtaine de longs métrages, et s'est vu dirigé tant par Ted Demme que par
Tom DiCillo, M. Night Shyamalan ou
Clint Eastwood. Mais aucun long métrage n'aura autant changé sa carrière que le
Thomas Crown de
John McTiernan. Ici, il fera la rencontre de Michael Charles, cousin de la femme du réalisateur et surtout policier ultra décoré de la ville de New York, qui va lui servir de coach afin de préparer son personnage. Véritable héros au sein de l'upper East Side, fumeur, buveur invétéré et homme à femmes indécrottable, Charles partage avec Leary un humour noir à couper au couteau et un attachement indéniable à la Big Apple. Alors que l'acteur croule sous les propositions de sitcoms aux pitchs éculés, son ami et producteur Jim Serpico va lui souffler une idée de génie : Et si Leary s'inspirait de Mike Charles pour créer son propre programme ? Également Intéressé par le projet, le producteur Peter Tolan va faire forte impression sur Leary en lui livrant un script qui va les faire rentrer tous deux dans l'histoire de la fiction télévisuelle. The Job était lancée.
«... Modern Day America !»
Ainsi naitra Michael McNeil, un inspecteur new-yorkais aux racines irlandaises bien trempées, macho comme pas deux (« Je ne pleure pas parce que je ne suis pas gay ! ») et possédant tous les vices. Mike fume, boit, et ingurgite toutes sortes de cachets fournis par un médecin peu regardant pour calmer une vieille douleur à l'épaule. Bref, un homme, un vrai.
Cependant, si sa masculinité n'est jamais mise en cause auprès de ses collègues, Mike ressemble à un lapin pris dans les phares d'une voiture quand il s'agit de ses relations avec la gente féminine. Entre sa femme, vivant en banlieue avec ses deux enfants et sa maitresse, exotique, caractérielle et ayant un constant besoin d'attention, Mike navigue dans un champ de mines particulièrement dangereux et pouvant lui exploser au visage à n'importe quel moment. Autant dire que la vie du monsieur n'est pas de tout repos.

Mais McNeil n'est pas le seul flic dysfonctionnel à peupler le petit commissariat de l'Upper East Side. A ses côtés, s'activent en effet une belle brochette de bras cassés. Meilleur ami et partenaire de Mike, Terrence 'Pip' Phillips est bien plus en contact avec sa part féminine et ne cesse de se préoccuper de ce que pense son autoritaire de femme, une grenouille de bénitier qui lui fait les poches chaque soir pour vérifier s'il a toujours les 5 dollars qu'il avait sur lui le matin. Frank Harrigan, dont la flemme n'a de rivale que la gourmandise, est pour sa part à deux ans de la retraite et évite autant que possible de s'impliquer dans de longues et complexes enquêtes. Tommy Manetti joue aussi les tire-au-flanc, et les deux petits nouveaux Al (très bavard, mais que l'on ne voit jamais parler à l'écran) et Ruben (timide et poursuivi par des femmes d'âge mur) se chargent de faire les basses besognes de Mike, surveillant sa femme ou allant acheter ses cadeaux d'anniversaire. Seule femme de la bande, Jan aurait pu relever le niveau si sa propension à ne sortir qu'avec des
loosers ne faisait d'elle le parfait complément de l'équipe.