Enfin, Frohike (Tom Braidwood) est le personnage qui, de part sa personnalité, se verra affublé du plus grand nombre de gags, et pas forcément à ses dépends (même s’il se fait régulièrement assommé ou tombe dans la boue). Après tout il avait Hugh Hefner comme idole au lycée. Toutefois, bien que les personnages n'évoluent que sensiblement dans la série, l'équipe reste n’en reste pas moins très intéressante et portée par une dynamique particulièrement appréciable. Après tout, voir en 2001 trois nerds (déjà un exploit), un boyscout simplet et une femme fatale faire équipe est plutôt inédit.

Comme nous l’avons vu plus haut, l’accent est donc mis sur la variété et le nombre d’intrigue au dépend du développement singulier de nos personnages. Une attention particulière qui va permettre à la série de traiter de sujets particulièrement variés à travers une série de loners faisant tout simplement concurrence à ceux d’X-Files tant dans le ton que dans leurs sujets. Bien évidemment, The Lone Gunmen fait la part belle aux conspirations industrielles et gouvernementales. Quand les grosses compagnies du pétrole ne poursuivent pas une voiture fonctionnant à l’eau, ou qu’un processeur ne mette pas en danger la vie privé de ses utilisateurs, c’est le gouvernement américain qui entraine des singes au contre espionnage, ou son homologue chinois qui se sert d’une émission pour enfants afin de recevoir divers messages secrets.

Heureusement, la variété reste de mise et nous aurons également droit à la traque d'une empoisonneuse nazie à la recherche de son fils abandonné, tandis que Byers et Jimmy s'introduiront dans une prison afin de prouver l'innocence d'un condamné à mort. De même, un tournoi de tango servira de terrain pour un échange de renseignements secret défense, et Jimmy se chargera de démasquer un chirurgien serial killer. En bonne fille d’X-Files, la série n’oubliera bien sur pas les trames fantastiques puisque qu’il sera à un moment question de voyage dimensionnel (avec mention des extraterrestres s’il vous plaît) et que tout le monde s’acharnera à traquer Elvis Presley sur un bateau de croisière. Vous le saviez déjà, le King n’est pas mort.

13 épisodes proposant donc un éventail particulièrement varié d’intrigues tordues et souvent réjouissantes (avec une mention particulière pour le pilote et une fin de saison particulièrement dense) qui, même s’il ne sont finalement pas des petits bijoux de réalisation et d’inventivité, offrent tout de même un divertissement singulièrement appréciable. Avant tout une série destinée aux fans d’X-Files (et principalement à sa section la plus geek, mais existe-t-il vraiment des fans d’X-Files non Geek ?), The Lone Gunmen pourra, de part son approche plus humoristique, également séduire ceux qui avaient été agacés ou simplement lassé par la série. Une fois encore, on se retrouve avec une série pleine de potentiel qui fut abandonnée bien trop tôt pour qu'elle ne se trouve un véritable rythme. Il lui reste l’avantage de pouvoir s’apprécier de manière autonome, en considérant tout de même que tout spectateur aura un minimum de notions de ce qu'est X-Files.