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Fringe : un début fracassant

En attendant la diffusion de la seconde saison en France et celle de la troisième aux États-Unis, revenons sur la dernière création de J.J. Abrams, ses ambitions et ses points forts.

Par Victor LOPEZ - publié le 02 août 2010 à 00h01 ,
MAJ le 03 août 2010 à 17h34 - 0 commentaire(s)

Après avoir intrigué les amateurs de séries fantastiques, qui attendaient avec curiosité la nouvelle création de J.J. Abrams (aidé ici par Roberto Orci et Alex Kurtzman, ses collaborateurs depuis Alias), Fringe laissa ses fidèles un peu sceptiques. Alors que le titre promet un univers audacieux et original (fringe, qui fait référence aux pseudos sciences au cœur de l'intrigue, se traduit par « marginal »), le show s'inscrit volontairement dans la lignée d'X-Files, au point que de nombreux critiques n'y voient qu'une version modernisée de la série de Chris Carter au temps des Experts. Avec son rythme tranquille et ses hommages évident aux classiques du genre, Fringe n'a certainement pas pour ambition de révolutionner les codes télévisuels et déçoit d'abord par son classicisme.

 

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Petit à petit, la série met cependant en place une mythologie passionnante, faîte d'univers parallèles et d'expérimentations scientifiques tarées, qui culmine lors du premier season finale et ne fait que s'affirmer au cours de la seconde saison. L'autre force de la série est d'arriver à rendre ses personnages hautement sympathiques : la petite équipe de marginaux composant la Fringe Division du FBI, s'occupant des dossiers les plus improbables, devient en effet rapidement aussi attachante que complexe. Le personnage de Walter Bishop arrive par exemple à rester fascinant tout en évoluant aux fils des épisodes : d'amusant savant littéralement fou et excentrique (il est par exemple tout heureux de pouvoir faire du LSD...), il devient, tout en conservant sa cocasserie subversive, un véritable personnage, perdu et  ravagé par sa folie et son passé, qu'il essaye de combattre mu par son amour paternel. Et la relation qu'il développe avec son fils, au centre de nombreux épisodes de la seconde saison, arrive ainsi à durablement émouvoir.

 

"les magnifiques pré-génériques cristallisent les qualités du show en offrant quelques grands moments de cinéma à la télé"


Si l'audace de la série se fait finalement sentir dans ses personnages et ses thèmes (l'anthologie fantastique interroge de front des problématiques bioéthiques) plus que dans sa forme, c'est bien son rythme et sa mise en scène qui finissent par la distinguer. Pour preuve, ses magnifiques pré-génériques, qui cristallisent les qualités du show en offrant quelques grands moments de cinéma à la télé.

 

Des pré-génériques au  delà des frontières du réel
Véritable institution dans les séries américaines, le pré-générique est capital pour capter en quelques minutes l'attention du spectateur en lui présentant les enjeux de l'épisode à venir. Située après le previously (dans les épisodes précédant...) et logiquement avant le générique (et donc, plus  important encore, la première coupure publicitaire), cette courte introduction peut aussi se voir, outre son côté fonctionnel, comme la signature de la série. Elle semble souvent fabriquée sur un modèle que l'on retrouve à chaque épisode, avec une volonté d'en épuiser toutes les possibilités narratives et formelles. On pense par exemple à celles de Six Feet Under, présentant toujours la mort d'un personnage, mais jouant sur les attentes du spectateur quand à la façon dont celle-ci va survenir. Les pré-génériques de Fringe remplissent eux-aussi leur rôle de teaser, tout en jouant avec ces effets d'attente et de variations.

 

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On ne peut là-encore pas affirmer que l'originalité soit  le souci immédiat des créateurs : comme dans nombre de séries basées sur des enquêtes, X-Files en tête, chaque épisode s'ouvre sur la présentation du cas qui sera au centre de celui-ci. On n'y voit (presque) jamais les personnages récurrents, mais on se retrouve à chaque fois dans un lieu différent, où l'on sait qu'un événement étrange va se produire. L'accroche tient ici à la nature du mystère, à la situation qui se noue et à la découverte de la thématique abordée. Et ce qui frappe de prime abord est l'atmosphère mise en place dès ces débuts grâce à quelques brillantes idées et un rythme très particulier.


Démonstration page suivante avec la dissection de quelques uns des meilleurs pré-génériques de la série.


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