Avez-vous un avis sur la volonté incessante des américains d’adapter les séries anglaises ? Cela n’a pas marché du tout sur Coupling…Ca n’a pas marché avec
Coupling, mais ca a très bien marché pour The Office… Je ne pense pas que The Office soit aussi bonne que la version anglaise, mais c’était intéressant de voir qu’ils l’on réinventée un petit peu. Ils ont pris le matériau d’origine et l’ont adapté à leur sauce, parce que de toutes façons, je ne pense pas que l’on puisse réinventer la pâte de
Ricky Gervais. C’est un tel individu ! J’aime bien cela, je pense que le festival de Monte Carlo est monté là dessus : rassembler tous les talents internationaux. Je pense que ce qu’ils ont fait avec Ugly Betty est vraiment très bien : ils ont pris une série colombienne, l’ont transposée aux US, et depuis c’est sorti dans de très nombreux pays. C’est bien parce que cela permet un certain brassage des cultures. Des fois ils se trompent, et ils se sont vraiment, vraiment trompés sur Coupling, mais des fois cela donne quelque chose de bien.
Coupling et Jekyll sont deux séries aux antipodes l’une de l’autre, et ce sont les deux séries que nous avons pu voir avec vous en France. Que préférez-vous, la comédie ou le drame ?
J’adore la comédie. Je m’amuse vraiment dans une comédie et j’adorerais en refaire. Pas que je ne sois pas très excitée par mon nouveau travail, d’autant que ce qui est bien avec, c’est que tout en étant un drama, il y aura beaucoup d’accents comiques et je pourrai m’amuser dedans, mais je pense qu’il va être vraiment très difficile pour moi de retrouver une série du niveau de Coupling, où l’écriture sera aussi bonne. J’ai dit que j’ai travaillé l’année dernière avec Mike Leigh au théâtre, et je pense que j’aimerais bien avoir un rôle qui me permettrait de continuer dans cette direction, qui serait moins concentré sur la blague et plus sur la comédie et les personnages.
Vous allez donc bientôt partir aux Etats-Unis pour travailler sur une série qui pourrait malheureusement être rapidement annulée. Qu’est-ce que cela fait de faire d’un coup partie d’un business aussi énorme ?
Il y a beaucoup de choses qui m’excitent dans ce nouveau projet : déjà l’opportunité de travailler un personnage sur la longueur. On a déjà 13 scripts, et donc la possibilité de vraiment développer la chose, et il y a des choses qui me rendent très nerveuse. En Angleterre, on ne porte pas tant d’attention à la manière dont vous apparaissez à l’écran. Une femme peut être glamour ou non, porter ou non des fringues sexy, on est très relax à ce niveau. Aux Etats-Unis tout cela est très important. Quand on est là bas, on devient quelqu’un qui fait partie d’une firme. On travaille pour cette firme et pour son patron. En Angleterre, il n’y a pas de patrons. Quand nous avons tourné Coupling, nous avions un producteur exécutif qui venait faire un tour sur le plateau une fois et c’était tout. Nous étions seuls avec la liberté d’être créatifs, et quand je suis allée sur le tournage américain de Coupling, il y avait une trentaine de producteurs exécutifs sur le plateau. J’ai cette chance que la série pour laquelle je vais travailler est une série pour le câble, pour la chaîne TNT, donc je pense que nous avons plus de liberté créative. Je pense que cela va être intimidant et il va falloir se battre pour garder son identité européenne.
Le pilote a déjà été tourné ? La série devrait apparaître sur les écrans en Septembre ?
Oui pour le pilote, et je sais que nous commençons à tourner la série le premier Juillet, elle devrait apparaître sur les écrans américains en Décembre.
On espère donc rapidement pouvoir jeter notre regard sur la suite de cette série très prometteuse, et quoiqu’il arrive, comptez sur nous pour tenir un œil éveillé sur la carrière de la charmante demoiselle !
Propos recueillis par David Brami lors du 48ème festival télévisuel de Monte Carlo