Par La Rédaction - publié le 23 juin 2008 à 09h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h43 - 0 commentaire(s)
Le début d’un Mythe
Crée en 1965 après l’installation du premier réseau câblé de Manhattan, le Green Channel de Charles Dolan, transformé en 1972 en Home Box Office, débuta ses programmes avec la diffusion de rencontres sportives et de divers films passés en boucle. Avec une faible base de 20 000 abonnés à l’identité variable (les abonnés, lassés des sempiternelles rediffusions, se désabonnaient au bout de quelques semaines), la chaîne commença cependant a se démocratiser et lors de son implantation dans d’autres villes, proposa ses service pendant quelques temps avant de devenir une chaîne cryptée. Un procédé qui provoqua un engouement certain et apporta se premiers supporters. Mais il fallu attendre 1983 et l’arrivée de Fraggle Rock et du Voyageur pour voir la chaîne proposer autre chose que des films, des rencontres sportives, des spectacles comiques et autres documentaires. Débute alors une grande période qui va doucement commencer à imposer la chaîne comme productrice de programmes à l’identité forte et originale, de par ses concepts et un ton bien particulier.

Le Voyageur (The Hitchhiker) (1983-1990)
L’année 1983 marque une véritable avancée pour la première chaîne câblée du paysage audiovisuel américain. C’est en effet cette année là qu’HBO franchit le pas de produire et de diffuser des fictions originales. Après quelques séries documentaires et sportives, et alors qu’elle produit son premier long métrage (un biopic sportif sur la vie de l’athlète canadien amputé Terry Fox), la chaîne propose parallèlement un série pour enfant qui fera le bonheur des enfants et autres amateurs de marionnettes animées (Fraggle Rock), mais également une anthologie du suspense qui fera date dans l’histoire de la chaîne, de par son générique iconique et son ton à la fois audacieux et calibré.



Le Voyageur met ainsi en scène un autostoppeur qui donne sa fonction au titre original de la série, et qui au final, ne sert que d’introduction et de conclusion à des histoires dont le strict cahier des charges sera respecté à la lettre : Une intrigue adulte de meurtre, de tromperie ou de malversation en tous genre, un soupçon de mystère directement issu des films noirs des années 70, et une scène de coucherie afin d’asseoir le ton résolument adulte et aguicheur de l’ensemble. L’acteur Page Fletcher se chargera, en visiteur mystérieux de passage sans aucun lien avec l’intrigue, de donner une morale plus ou moins ambiguë à l’ensemble avant de repartir vers de nouvelles contrées et de nouvelles histoires.

Portée par une ambiance à la fois sulfureuse, sombre et à la limite du fantastique de par son atmosphère, la série va rapidement être un succès et s’assurer une longévité peu commune pour l’époque, notamment grâce à un panel d’artisans et de guests particulièrement appréciables. Alors que derrière la camera se succédèrent Bruce Jones, Philip Noyce, Christopher Leitch ou même Paul Verhoeven, on pu apercevoir une galerie impressionnante d’acteurs allant de la tête d’affiche hollywoodienne au vétéran de série B. Jugez plutôt : Alan Thicke, Peter Coyote, Ornella Mutti, gary busey, Michael ironside, joe Flaherty, Willem Dafoe, Shannon Tweed, Virginia madsen, Fred Ward, John Shea, Kirstie Alley, Melody Anderson, Nick Mancuso, Lorenzo Lamas, C. Thomas Lowell, Brad Dourif, Helen Hunt, Kelly Lynch, Klaus Kinski, Michale Madsen, Bill Paxton, … Tous ont aidé à faire du Voyageur une série tellement populaire qu’elle quitta bientôt le giron d’HBO pour atterrir pour ses dernières saisons (la série en compte 6, étalée sur 11 ans pour un total de 85 épisodes) les chaînes canadiennes (où la série est tournée) et le câble basique. Une migration qui porta un sacré coup à la qualité du programme, les anciens épisodes étant, comme cela va devenir la règle pour les programmes venant de la chaîne, passés par le filtre de la censure. Mais pour HBO, cette première expérience dans le domaine de la fiction pour adultes ne sera que la première d’une longue lignée.


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