Dirt
Ayant toujours titillé l’esprit le vulgaire et la presse people sensationnaliste, la Fox dans le projet de l’ancienne princesse de Friends Courtney Cox, désireuse de casser son image trop gentille d’ancienne actrice de sitcom, une opportunité en or : se donner le bon rôle de la critique de la presse sans pour autant se priver de racoler les clients de ce genre d’exercice grâce à des indiscrétions sordides. Dirt la met ainsi en scène dans le rôle de Lucy Spiller, rédactrice en chef d’un des plus grand torchons people de Los Angeles, ne reculant devant rien pour obtenir les scoops les pus sordides afin de vendre sa grasse et indigeste feuille de choux.

Cependant, alors que la chose aurait pu tourner à l’exercice comique de premier ordre (ce qu’elle tente malgré tout avec le personnage de Don Konkey, un photographe paranoïaque qui passe son temps à avoir des hallucinations aussi fun que décalées, Dirt préfère jouer la carte du drame sensationnaliste, ponctionnant l’esprit de réalisme de HBO en proposant dés le premier épisode, la mort d’une star hollywoodienne par faute d’un scandale dévoilé par l’un de ses proches en quête de couverture journalistique. Mais à force de jour sans cesse sur la surenchère, et malgré quelques idées bienvenues, notamment au début d’une seconde saison où chaque épisode se transforme en parodie de genre, la série rencontre bientôt les limites de ce genre d’exercice et écœure un publique qui n’en demandait pas tant, prouvant que la recette ne se satisfait pas d’excès.
Nip/Tuck
Chauffée par le succès de Six Feet under, FX cherche en 2003 à lui proposer un challenger de taille avec les aventures de deux chirurgiens plasticiens qui passent leur temps à charcuter un monde consentant afin de lui donner meilleure allure. Jouant sur la fameuse fibre outrancière chère à la chaîne, Nip/Tuck propose dés son pilote des situations particulièrement tordues où la morale des personnages, tant des clients que des praticiens mis en scène, rebutera immédiatement les culs bénis, tandis que les amateurs de fiction déviante trouveront ici un exutoire particulièrement jouissif.

Sous couvert d’une critique acerbe de la société, la série propose bon nombre de séquences visuellement choc et des clients tous plus extravagants les uns que les autres alors que les deux docteurs auront affaire de leur côté a diverses mafia et autres sérial killers, rendant les intrigues souvent passionnantes. Mais alors qu’après une première saison où le show trouve difficilement ses marques et une seconde saison à couper au couteau, la série de Ryan Murphy fini par s’essouffler rapidement en continuant à touiller la vulgarité et la provoc au détriment d’une intrigue de fond qui fini par tourner en rond. A l’inverse des séries de HBO qui privilégient généralement la profondeur de son propos et l’humanité de ses protagonistes, Nip/Tuck à surtout misé sur l’audace de ses début pour finalement sombrer dans les abîmes d’un m’as-tu vu agaçant, redouté depuis les origines de la série, et est tombée dans le piège de son propos, finalement aussi vide qu’un ballon de baudruche.