Que ce passe t’il quand un dragueur invétéré, glandeur, insensible et imbu de lui-même rencontre à nouveau par miracle la fille dont il a toujours été amoureux ? C’est ce que nous propose de découvrir en ce moment la BBC à travers une comédie particulièrement mordante et efficace intitulée How Not To Live Your Life. Don Danbury correspond parfaitement au portrait brossé ci-dessus. Il est l’incarnation du manque de tact absolu et n’a de respect ni pour lui-même ni pour les autres. Pourtant ce n’est pas faute d’essayer. Son esprit retors passe son temps à imaginer les pires manières de réagir aux situations qui s’offrent à lui, afin de les éviter scrupuleusement… ce qui ne l’empêche malheureusement pas de commettre bourde sur bourde. Ainsi, après avoir couché avec sa patronne, il s’éclipse de l’appartement de cette dernière encore endormie, non sans lui avoir collé un petit mot grossièrement écrit sur le crâne. Mais bizarrement, ce n’est pas cela qui va bientôt lui valoir son renvoi (vu qu’il n’est pas
si mauvais au pieu). Ses collègues en ont en effet assez de sa suffisance et de ses habitudes dérangeantes : il arrive tard (tous les jours), part tôt (tous les jours) et regarde du porno à fond sur son outil de travail. A la rue et sans travail, Don est cependant sauvé par la providence : sa grande mère vient de mourir et, via un testament écrit en désespoir de cause, lui lègue une maison qu’il va s’empresser d’investir avec son balluchon et sa guitare («
J’ai une énorme maison gratos !! » chantera t’il à tue-tête devant le notaire).
Deux surprises l’attendent cependant. La première : l’aide soignant/homme de ménage de la mère-grand, un amusant et jovial monsieur répondant au nom de Eddie (David Harmand,
The Hollow Men), est trop habitué à servir son prochain pour quitter ce noble travail, et va, à défaut de son ancienne maîtresse, servir le nouvel arrivant. Tout d’abord surpris et contrarié, Don va pourtant se faire en moins de temps qu’il ne faut pour le dire aux commodités offertes par le monsieur (dont les services semblent bizarrement gratuits) : ménage, petit déjeuné, repas... Autre souci, plus grave celui-ci, la grand-mère sans le sous laisse derrière elle un nombre conséquent de dettes que Don, à qui il est interdit de vendre la maison entre autres clauses vite oubliées, va devoir régler. Au chômage, le monsieur va donc adopter la méthode connue de tous les glandeurs détenteurs d’un bien immobilier : il va passer une annonce afin de louer une ses chambres à un particulier. Mais, oh surprise, après un bal infructueux de futurs locataires déjantés, c’est Abby Jones, une demoiselle dont il était amoureux depuis le collège, qui va postuler pour la chambre. Fou de joie, Don accepte immédiatement, imaginant qu’il aura tout le temps pour se montrer sous son meilleur jour et séduire la miss. Malheureusement, celle-ci a déjà un imbuvable copain du nom de ‘Karl avec un K’. Commence alors une véritable guerre des nerfs pour les deux hommes afin de charmer ou de garder la belle et innocente demoiselle, complètement aveugle au combat sans merci, entre coups tordus et regards vindicatifs qui ne cessent de pleuvoir.
