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Jam, Serie Tele Trash Et Culte [page 1]

Par - publié le 26 juin 2008 à 05h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h48 - 0 commentaire(s)
Imaginez un scénario de Todd Solondz réalisé par David Lynch dans sa période Twin Peaks et vous obtenez Jam, l’une des séries les plus drôles, les plus bêtes et les méchantes de l’histoire. Diffusée en Grande-Bretagne sur Channel 4 dans la cadre de l’émission culte The 11 O’Clock Show il y a 8 ans, elle reste inconnue en France. Hélas. L’homme derrière le massacre? Chris Morris, sorte de Monty Python atrabilaire client d’humour morbide, provocateur connu pour ses parodies de flash infos dans Brass Eyes et The Day Today où il aimait à se moquer de la manière dont les médias traitaient de la pédophilie ou encore des attentats suicides. Avec Jam, stoppé net dans son élan au bout de six épisodes car jugé trop pernicieux (et donc trop efficace dans ses provocations), il transgresse en bonne compagnie de comédiens très doués tous les tabous (nécrophilie, zoophilie, pédophilie) et dépasse haut la main les bornes du politiquement correct. C’est hardcore, c’est sale, c’est pervers mais c’est hilarant.



Il existe de ces projets qui n’auraient jamais dû exister. L’abrasive série Jam en fait partie. Et a fait les frais de ce qui relève selon beaucoup d’une erreur de programmation. Il arrive pourtant, parfois, que les erreurs donnent lieu à des résultats au-delà des espérances. Cette marmelade a tellement peu fait l’unanimité qu’elle a été arrêtée au bout de six épisodes hallucinants pour ce qu’ils montrent et surtout pour ce qu’ils disent ou suggèrent. Pour comprendre son fonctionnement, il faut rentrer dans le cerveau de son créateur, Chris Morris, qui a manifestement eu envie de rassembler tout ceux qui ont le même sens de l’humour bizarre que lui. A l’écouter, rien n’est plus drôle qu’une mère de famille hystérique qui bousille une partie de chaise musicale entre enfants en jetant chaque enfant qui essaye de prendre la place de sa fille et en levant les bras après avoir éjecté un marmot. Plus la partie se déroule, plus elle commet des horreurs en cramant quelques enfants et en saccageant le gâteau d’anniversaire. La scène est filmée en contre-plongée, sans dialogues, avec en fond une musique apaisante de Aimée Mann, afin de créer un contraste hilarant. La caméra statique permet de donner un plan d’ensemble où chaque détail fait rire aux éclats. Ce n’est qu’un des sketchs de Jam et ce n’est pas le plus perturbant. Vu que la série n’a pas eu le temps de connaître un essoufflement, tous les sketchs sont d’une égale réussite. Ils sont tous construits sur les mêmes bases, la même atmosphère poisseuse et le même humour méchant consistant à donner raison aux psychopathes et à rendre ridicule tout ceux qui prétendent appartenir à une norme. C’est ce glissement proche du fantastique, ce dérapage jamais convenu qui intéresse Morris.




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