Chris Morris peut s’enorgueillir d’avoir semé beaucoup de trouble. C’est l’un des comiques controversés qui a reçu le plus de menaces de procès: The Daily Mail a qualifié son
Brass Eyes de «programme le plus glauque jamais diffusé» et à l’annonce de la mort de Diana en 1997, il avait clamé regretter ne pas avoir son propre show radio pour pouvoir railler la mort de la princesse le jour même et se foutre de sa gueule. Peur de rien, qu’on vous dit. Au moins, si l’expérience vous tente, vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenus. Pour peu que vous soyez adeptes de ce genre de mélange immoral d’humour délétère et d’horreur burlesque et convaincus depuis des lustres que l’on ne peut pas rire de tout avec tout le monde,
Jam constitue l’antidote à la grise mine, le programme que vous attendiez depuis longtemps. D’ailleurs, il a atteint un degré si dérangeant qu’il serait peu probable qu’à l’avenir, une autre série, animée par la même détermination à saloper quelques valeurs intouchables, maintienne cet équilibre très précaire, à deux doigts du scabreux, et s’octroie une telle liberté de ton dans le puritanisme de plus en plus ambiant. Incomparable? Incomparable, oui. Mais surtout essentiel.