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Japan Expo : Ankama Fait Son Show [page 4]

Par David Brami - publié le 15 juillet 2008 à 18h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 16h12 - 0 commentaire(s)
Le Label 619 : une autre idée de la révolte ?

Outre toutes les nouveautés liées au jeu vidéo et aux univers virtuels, Ankama a également utilisé la Japan Expo pour présenter une toute nouvelle section de ses éditions. En effet, plus impertinent et marqué par des partis pris graphiques collant à un esprit de rue et une culture urbaine qu’on ne retrouve bien évidemment pas dans Dofus, un nouveau label nommé le 619 a permis au dessinateur Run de proposer son Mutafukaz dans le cadre d’une collection qui lui convient. « C’est vraiment la BD qui a lancé Ankama Editions dans d’autres univers hors jeu vidéo et hors Dofus » déclare Alix Lepinay, responsable communication pour Ankama Editions. « A partir de là on a vraiment voulu faire d’Ankama un éditeur de BD à part entière qui fait découvrir de jeunes auteurs et de nouveaux univers ».



Un besoin qui a tout naturellement aujourd’hui mené à la création d’un nouveau label, un label « orienté sur les cultures urbaines et la pop culture décalée, marginale et underground». On y retrouve ainsi un côté décalé, parfois série B comme le prouve Freak’s Squeele, première BD du passionné de comics et ciné Florent Maudoux qui se passe dans un monde où tout un chacun peut naître super héros, et où l’histoire s’articule autour de trois adolescents super héros glandeurs (une nana sexy, une démonette et un loup garou dans l’impossibilité de reprendre sa forme humaine), cancres nuls et mauvais en sports et en héroïsme qui vont vivre une histoire pleine de surprises et de références diverses.



De son côté, la nouvelle arrivante Raf (enfin, nouvelle arrivante dans la Bd, mais déjà très connue de la scène du fanzinat de convention où elle opérât pendant presque 7 ans) profite de ce nouveau label pour sortir son premier manga. Dès la couverture, Debaser nous plonge dans un univers décalé proposant ce que les influences japonaises peuvent donner de meilleur. On retrouve ainsi dans son trait tant l’influence débridée d’Hiroyuki Imaishi (FLCL, Dead Leaves) et de Yoshiyuki Sadamoto (Evangelion), que l’ambiance rock des productions énervées des seventies. Reprenant des personnages qui l’accompagnent depuis toujours et qu’elle maîtrise donc à la perfection, Raf se lance à un rythme effréné (« l’objectif est de sortir un manga tous les 6 mois, proposer un divertissement agréable sans ruiner le lecteur ») dans une histoire qui colle à son univers personnel. « J’aime beaucoup les mangas, quelques comics underground et la musique rock, et donc ca me paraissait normal de mixer un peu tout ca ».



Debaser (tirant son titre du célèbre morceau des Pixies) va ainsi raconter l’histoire de 2 héros aux profils variés vivant en 2020 dans un monde où seule est autorisée sur les ondes une soupe mielleuse inaudible. « Josh c’est plutôt un gros rebelle très râleur qui passe son temps à tout casser et qui n’est jamais content de rien. Il a beaucoup d’énergie mais il ne sait pas quoi en faire pour l’instant. Quant à Anna, c’est une jeune fille frustrée par la société qui voudrait développer un potentiel un peu littéraire et s’exprimer mais qui se retrouve étouffée par une société qui lui sert la vis ». Une Bd qui a la vocation de rassembler tous les exclus de la culture de masse, afin de leur montrer que la contre culture existe bel et bien et « qu’ils ne sont pas seuls ». Une vraie volonté de narration donc, porteuse d’un message certes déjà vu, mais servi par une énergie graphique peu commune et un scénario qui sort des sentiers battus, nos deux héros allant rapidement se faire courser pour jouer une musique revendicatrice mise hors la loi par l’unique major du disque français (« Mundial ») de connivence avec le gouvernement.



Influencée tant par le rock des 70s que par le rock qui patate (Offspring, Rage Against the Machine, Queens of the Stone Age), Raf promet de nous livrer une œuvre teigneuse et inspirée comme on n’en a pas lu depuis des lustres. Un vrai souffle de fraîcheur, qui porte une nouvelle fois Ankama vers des cieux inventifs et énergiques et qui l’impose comme une force tant créatrice que ludique et éditoriale à suivre de très prés depuis avant-hier. Comme quoi tous les créateurs talentueux ne partent pas forcément faire fortune aux US et au Canada. Un seul souhait nous reste à formuler, que la Chibi Japan expo de cet hiver propose également une Ankama Convention aussi fournie et riche en surprises, sous le signe de Wakfu, sorti d’ici là.
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