Pour les gens comme nous qui ne nous rendons à Monte Carlo qu'une fois l'an, la principauté monégasque semble vraiment appartenir à une autre planète. Un peu comme un havre de paix, non pas isolé ou reclus, mais séparé du reste du monde par une barrière invisible qui opère tel un portail, intentionnellement. Comment expliquer sinon l'ambiance qui y règne ? Comment expliquer qu'ici, n'importe quel automobiliste s'arrête avec le sourire pour vous laisser traverser les passages piétons ? Comment expliquer que, malgré les prévisions météo les plus optimistes prévoyant pourtant une pluie torrentielle, le soleil n'a cessé de briller de tous ses feux ? Décidément, cette région du monde est à part. Et bien sûr le festival de Télévision de Monte Carlo, ayant cette année fêté sa 49ème édition, n'échappe pas à la règle. As-t-on déjà vu les stars se mêler de manière aussi conviviale aux journalistes, ou braver les impératifs d'emploi du temps de leurs attachés de presse pour venir faire coucou aux fans et s'étendre en photos et en dédicaces ? Eric Szmanda (Les Experts) nous confiera que Monaco, et par extension le festival avec son ambiance décontractée, ressemble pour lui à un mélange improbable entre Las Vegas et Disneyland.

Et c'est vraiment ce que nous avons une nouvelle fois ressenti lors de ces cinq jours où se sont alternées les rencontres les plus riches et les plus inattendues. Riches, parce que les stars et les producteurs se confient sans détour et sans langue de bois. Inattendues, car comment s'attendre à ce que, après une interview déjà joviale, l'électrique et charmante Emilie Procter (Les Experts : Miami) saute de joie en vous revoyant entre deux photo shoots et vous propose d'elle-même de prendre des photos ? Encore une fois, une disponibilité que l'on ne retrouve que rarement autre part. C'est donc d'autant plus étrange de voir qu'une grande partie des photographes se borne à faire simplement son travail, se volatilisant après un tapis rouge festif dès le début de la projection d'un film d'ouverture passionnant (
Back Door Channels : The Price of Peace, consacré aux coulisses des négociations entre le président égyptien Anouar Al-Sadate et le premier ministre israélien Menahem Begin en 1978) malgré quelques longueurs. Soit. Tant pis pour eux.
De notre côté, impossible de ne pas profiter quand la première journée de Festival vous permet de rencontrer Gregory Fitoussi, qui entre deux questions sur
Engrenages nous parle de son expérience américaine sur le tournage de G.I. Joe – Le Réveil du Cobra («
Je n'ai pas tourné de scène d'action malheureusement, si ce n'est embrasser sauvagement Sienna Miller »), ou encore les équipes de Kaamelott et Hero Corp, avec qui l'on discutera absolument de tout (Off Prime,
Batman Le Défi, Michel Courtemanche, Michel Audiard…) pendant près de deux heures avant une séance de dédicaces riche en anecdotes. Et les rencontres de s'enchaîner merveilleusement : Craig Olejnik impressionne en parlant de sa préparation pour The Listener, Kyle MacLachlan ne serait pas contre un petit retour à la science fiction après
Dune et
Hidden, Chuck Lorre attend comme nous les éventuelles éditions des saisons restantes de Dharma et Greg et Jennifer Love Hewitt séduit par son incroyable ouverture d'esprit et la facilité avec laquelle elle aborde sa carrière, ses espoirs et ses craintes. Il fallait la voir totalement surprise (comme nous) d'apprendre l'éventuel saut dans le futur pour la cinquième saison de Ghost Whisperer annoncée par Michael Ausiello, ou rougir joyeusement quand, pendant la conférence de presse, son compagnon Jamie Kennedy a lâché : «
C'est elle qui paie les additions au restau. Moi je suis riche mais elle, elle est blindée ».