Autre astuce actuellement utilisée, la création de téléfilms ou de miniséries qui, si elles accrochent le public, donneront lieu à la production d’une série complète. Une technique utilisée il y a quelques années par la chaîne Sci-Fi afin de tester l’accueil réservé à la licence Battlestar Galactica (un test ayant reçu le succès que l’on sait), et également éprouvée par la NBC, désireuse de prendre la température d’un éventuel revival de la licence Knight Rider (plus connue chez nous sous le titre K 2000). La mini série de 6 épisodes les 4400 avait également connu plusieurs saison après un accueil particulièrement chaleureux. Bien évidemment, tous ces essais ne sont pas toujours concluants et on se rappellera du (très mou) film de Docteur Who de 1996, initialement prévu pour être le pilote d’une hypothétique série. On espère que le prochain projet
Caprica (également un téléfilm prévu pour éventuellement donner sur une nouvelle série) de Sci Fi ne subira pas le même sort (et sera d’une qualité autre).
Mais alors que les producteurs sont également connus pour sucrer sans raisons des programmes pourtant populaires et riches d’inventivité, combien de séries et de pilotes potentiellement jouissifs ne sont pas arrivés jusqu’à nous ? Même si on ne regrettera pas toujours de ne pas avoir vu la couleur de certaines séries (un honteux remake américain de la sitcom anglaise Spaced, et dans une moindre mesure celui de
The IT Crowd), que penser à la vue du fantastique pilote de
Heat Vision and Jack, une série produite par et avec Ben Stiller, mettant en scène un Jack Black en super héros irradié affublé d’une moto qui parle ? (pour les curieux, le pilote est disponible sur
youtube, avec une magnifique scène de baston dans un strip-club avec le
King Nothing de Metallica en fond !
Rock on !). Que penser de l’arrêt de production de la pourtant prometteuse série animée
Screw-on Head, magnifiquement adaptée du comic book de Mike Mignola (
Hellboy) ? Et que penser enfin de la non-diffusion pure et simple d’une série humoristique particulièrement savoureuse qui avait même dépassé le stade du fameux pilote ? (on vous avait déjà parle de
The Jake Effect).

Pas grand-chose, puisque malgré les bonnes décisions prises par les producteurs des networks lors de la récente grève des scénaristes, jurant désormais de prêter plus d’attention à l’écriture et de lancer directement la production de séries sans passer par la case pilote (coûteuse et à la logistique extrêmement lourde puisqu’il faut à nouveau réunir tout le monde si les pontes des networks se mettent d’accord), celles-ci se sont envolées aussi vite que le coup de flippe des producteurs. Ceux qui étaient alors enclins à jeter leur dévolu sur des séries créées pour le Web sont revenus à leurs bonnes vieilles habitudes. Nous ne sommes donc ainsi pas prêts d’échapper à cette tyrannie de l’épisode pilote, contribuant à générer du produit pré-mâché et condamné au rendement immédiat, plutôt que des séries faites avec le cœur, comme c’est plus le cas sur le câble, les petites chaînes étant forcées au succès par les sommes mises en jeu par l’auto-production. Gardons cependant espoir, car le succès de programmes comme Mad Men ou Breaking Bad pourrait bien faire école.