Chaque année, nombreux sont les fans qui s’arrachent les cheveux parce que la série dans laquelle ils se sont investis, la petite nouveauté aux qualités indéniables, s’est vue annuler par les studios pour des causes diverses (généralement manque d’audiences, mais aussi besoin de quotas et/ou coup d’humeur des têtes pensantes). Il aura fallu en fin de saison dernière, dire au revoir à nombre de programmes parfois prometteurs, de
Drive à
Back to You en passant par
New Amsterdam, Moonlight, Jericho, et même l’excellente
Aliens in America. Bien évidemment, la frustration se fait particulièrement douloureuse quand ladite série a lancé de nombreuses intrigues de fond dont le spectateur attendait une résolution. Certaines séries prévoient d’emblée une semi résolution de la majorité des enjeux, généralement au bout du treizième épisode et à nouveau en fin de saison, afin de palier l’absence éventuelle de suite. D’autres, telles
Firefly, Farscape ou
October Road, voient leur résolution prendre place au cinéma, via quelques téléfilms où grâce à des épisodes spéciaux tournés pour l’occasion et permettant de donner au spectateur assidu une conclusion digne de ce nom. Mais il ne faut pas se leurrer, de telles pratiques restent exceptionnelles. Un seul moyen reste alors aux créateurs de séries de rendre justice à leurs fans : révéler la fin de la série ou tout du moins les plans à venir lors d’interviews destinées à cet effet.
Profit, la série de John McNamara et David Greenwalt mettant en scène Adrian Pasdar (Heroes) avait eu droit à un tel traitement. Plus récemment,
Traveler avait également révélé les plans de sa seconde saison après une courte première saison de huit épisodes. C’est désormais aujourd’hui au tour de Kevin Falls de s’étendre sur les secrets et les attentes déçues de sa série
Journeyman, la série mettant en scène Kevin McKidd (Rome) dans le rôle de Dan Vasser, voyageur du temps accidentel, ayant vu le couperet mettre fin à sa carrière au bout d’à peine 13 épisodes.
A mi-chemin entre
Day Break et Code Quantum, la série permettait à Dan de changer le cours des évènements de la vie de parfaits étrangers tout en lui faisant revisiter son propre passé. Dan y découvrait une seconde vie parallèle ou de nombreux aspects d’évènements à la signification acquise prenaient une nouvelle ampleur. Par exemple, sa petite amie morte dans un accident d’avion était en fait agente pour une entité aux desseins obscurs. Une révélation qui met Dan dans une posture particulièrement dérangeante puisque le monsieur n’a pas perdu ses sentiments pour celle-ci, mais s’est depuis remarié avec l’ancienne petite amie de son frère. Quant aux réelles raisons de cette habilité soudaine mais incontrôlable, on attendait beaucoup de choses de la suite de la série, possédant une mythologie potentiellement passionnante. Qui, quand, pourquoi ? Des questions auxquelles le créateur de la série a répondu de manière confidentielle aux journalistes américains du site
Ain’t it Cool en Décembre dernier, en demandant que ces réponses ne soient par révélées avant que la série ne soit annulée. Ceci entraînant cela, voici la manne que les fans attendaient.
Le créateur de la série nous apprend dans l’interview que le pouvoir de Dan n’était pas accordé par une organisation scientifique ou un gouvernement. « C’était bien trop spécifique et énorme [pour cela]. (…) Nous aurions guidé le spectateur au bord du précipice et l’aurions laissé choisir par lui-même. Les conflits à venir faisaient intervenir ces gens qui tentent de savoir ce qui fait agir les voyageurs. Tenteraient-ils alors de manipuler ces voyages dans leur propre intérêt ? Il était évident que l’agent Richard Garrity allait revenir. Nous tentions également de mener l’intrigue vers une résolution où tous les personnages qu’aurait aidés Dan avaient à voir avec la résolution du final de la saison, à la manière des machinations de Rube Goldberg (
un dessinateur américain amateur d’inventions alambiquées, ndt). Nous n’allions peut-être pas sauver le monde à la Heroes, mais au moins proposer quelque chose de similaire ».