Tous les espoirs étaient alors permis, d’envisager enfin l’exploration d’un monde dont nous n’avions pour le moment aperçu que la surface. Quant au bonheur de retrouver la petite équipe formée par Mason (Callum Blue), Roxy Harvey (Jasmine Guy) et Daisy Adair (Laura Harris), il promettait de nous plonger dans une nostalgie bienvenue. Nombre de rumeurs avaient de plus couru sur la présence dans le métrage de Mandy Patinkin, fraîchement débarqué du drama policier de Jeff Davis afin de reprendre ses apparats de mentor. Et pourtant. Pas de Mandy, et pas même de Laura Harris, occupée sur un
Women’s Murder Club de courte durée. Reprenant le rôle, Sarah Wynter (
24 Heures Chrono,
The Dead Zone) rejoignait la petite équipe au moment où l’habituel restaurant n’est plus qu’un tas de cendres carbonisées et que Rube est introuvable. A sa place, un certain Cameron Kane (Henry Ian Cusick, le Desmond de Lost), profiteur et homme à femmes, va très vite semer la zizanie dans le groupe. Le début d’une nouvelle ère ?
Débutant avec une petite bande dessinée animée reprenant dans les grandes lignes l’introduction de la série (avec cependant moins de classe et de charme),
Dead Like Me : Life After Death débute sous de bons auspices et ne perd pas de temps à installer sa nouvelle situation. Il ne faut d’ailleurs pas beaucoup plus de 10 minutes pour que la machine soit à nouveau sur les rails, et force est de constater que l’on reprend très vite ses marques. Prenant place 5 ans après que George ait fait ses débuts dans le monde des spectres, le film n’oublie ainsi pas de mettre en scène Crystal, Dolores les collègues de l’agence Smile Time où travaille George à mi-temps, ni de nous présenter la petite sœur Reggie qui a bien grandi, souffrant d’amours adolescents contrariés puisque son amoureux est entre la vie et la mort. Bref, tout ce qu’il faut pour un bon épisode de la série. Mais c’est justement là que le bât blesse.
Car au lieu de nous livrer une belle conclusion,
Life After Death déçoit en proposant simplement une petite aventure de plus, trop étirée pour être passionnante. Bien sûr, ces nouvelles aventures suivent le schéma de Bryan Fuller, qui tout comme sur
Pushing Daisies, a toujours refusé de faire évoluer son postulat de départ vers une mise en abîme quelconque. Mais son absence du projet en tant que scénariste (il n’opère qu’en tant que producteur consultant) se fait cruellement sentir puisque mis à part quelques fulgurances (la bonne idée de voir ce que sont devenus les personnages 5 ans après, le passage de flambeau thématique, la vision du travail de faucheur qu’en a Cameron malgré l’allusion aux anges dans la série), on finit par s’ennuyer ferme sur ce scénario d’épisode à rallonge. Au final, on se demande si l’on n’assiste pas ici à un résumé épuré (et donc vidé de la substance qui faisait sa saveur) d’une éventuelle troisième saison passée à la trappe alors que sa conclusion fait bien plus office de fin de saison que de point d’orgue. Tout cela pour finir pas beaucoup plus avancés qu’à l’issue de la saison 2, à attendre une paix de l’esprit qui ne viendra sans doute jamais. Comme quoi certains programmes valent bien plus pour ce qu’ils offrent en cours de saison que pour leur hypothétique « The End ».