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La Weeds, les meurtres et le bordel (2/2)

Par Geoffrey CRETE - publié le 17 août 2010 à 03h17
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Si rien de bien particulier ne se dégage de cet épisode banal, un élément vient encore une fois prouver l'intelligence des scénaristes dont la sensibilité ne se laisse jamais abattre par l'humour et le cynisme qui font l'identité de la série. Le personnage de Shane, élevé dans une cellule familiale chaotique sans aucun repère moral et éthique, aura atteint un point de non-retour lorsqu'une balle destinée à sa mère le touchera. Tuer Pilar aura non seulement scellé l'avenir proche des personnages, mais aura surtout annoncé l'adulte que Shane est en passe de devenir. Alors que son frère aîné avait déjà dépassé un stade dangereux lorsqu'il a ouvert les yeux sur la réalité de sa mère, le petit dernier s'en sera servi pour se construire. Pas étonnant donc de le voir se muter en adolescent sans aucune notion des limites, de bien et de mal. En détruisant un pan de l'histoire de Weeds - fini le mariage, l'accord, la trêve avec Esteban - Jenji Kohan a atomisé l'innocence du dernier personnage épargné par Weeds.

 

Weeds (2005) de Jenji Kohan, avec Mary-Louise Parker 

 

Cette saison, encore plus qu'une autre, sera celle des questions. Arrivée à ce stade, n'importe quelle série se condamne par avance à s'essouffler. Ce n'est pas un hasard si chaque spectateur un peu attentif repensera au passage entre la troisième et la quatrième saison : certainement parce que cela reste la seule option possible pour éviter de s'enliser, les scénaristes nous refont le coup. « C'était effrayant et excitant car ça semblait fou. Les spectateurs s'attachent aux personnages, leur environnement, et ne jamais modifier ces éléments est comme une règle logique de la télévision : ne jamais bouger ce qui fonctionne. Mais nous voulons offrir chaque année une nouvelle série, et c'était ce que nous sentions être la chose à faire » confiait la créatrice de la série en forçant la petite famille à fuir Agrestic pour se réfugier à la plage. Deux ans plus tard, elle aura certainement tiré des conclusions sur ceux qui, finalement, ne détestent pas tant que ça le changement. Après tout, qui regrette encore Conrad et sa mère ? S'il y a une chose que Weeds parvient à faire avaler, c'est la pilule de sa démesure parfois abracadabrantesque.

 

 


Dans les derniers instants d'un épisode qui ressemble plus à une introduction qu'à autre chose, le passé est clairement dans le rétroviseur. L'essentiel est gardé tandis que le superflu est dégagé - dont l'arme du crime, qui annonce certainement que l'enquête sera momentanément mise entre parenthèses - et l'avenir reste à écrire. Le changement d'identités annoncé dans la bande-annonce est aussi jouissif qu'attendu pour cette joyeuse bande de fêlés. L'argument ne tiendra pas longtemps - You can take the girl out of the business, but you can't take the business out of the girl - mais promet en tout cas un moment réjouissant. Linda Hamilton, disparue des écrans puisque réduite à son rôle de mère guerrière chez James Cameron, revient sur le petit écran en dealeuse - et en maman de Chuck, mais c'est une toute autre histoire - mais surtout possible future associée de Nancy. Affublée d'une perruque et d'un job de bas-étage, la dealeuse de Showtime relève encore une fois la tête, avec la même posture nonchalante et la même tendance à être irresponsable. Sauf qu'en échappant aux conséquences, elle a peut-être omis de réaliser que la pire était ce môme incontrôlable près d'elle. Peut-être sera-t-elle enfin confrontée à sa réalité via son fils psychopathe ? Mary-Louise Parker est cette année accompagnée de Laura Linney, qui affronte un cancer avec humour et autodérision dans The Big C. Le rire a beau être de mise sur la chaîne câblée, la dure réalité des choses n'est en aucun cas épargnée aux spectateurs.

 

The big C (2010) avec Laura Linney 


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