Ruth Fisher
Si c'est d'abord en mère de famille et veuve éplorée que l'on fait la connaissance de Ruth Fisher, c'est ensuite en femme libérée que l'on verra s'épanouir ce fabuleux personnage pillier de Six Feet Under. Tour à tour touchante, hautaine, horripilante, gracieuse, en somme, terriblement humaine, Ruth est un personnage qui ne se veut pas représentatif de sa génération mais simplement vrai... La marque d'écriture de Six Feet Under. A noter que ses storylines permettront de mettre en valeur d'autres protagonistes de son âge, telle Bettina (Kathy Bates) ou sa soeur Sarah. Ruth Fisher sera en tout cas de bout en bout un personnage surprenant, capable du meilleur et du pire, et son actrice, la formidable Frances Conroy (57 ans) aura démontré une partition très large dans des scènes très intenses.
Laura Roslin
On aurait pas forcément voté à chaque fois pour Laura Roslin comme présidente de... à vrai dire, de l'humanité toute entière. La leader descolons survivants de Battlestar Galactica n'aura pas toujours été d'une éthique scrupuleuse. Mais quelle humanité dans ses choix, bons ou mauvais ! Nous brisant le coeur dès le premier épisode lui promettant d'entrée de jeu un destin tragique, Laura Roslin aura été l'un des personnages les plus emblématiques du space opéra. Pivot central dans les différentes directions prises par le Galactica, elle aura réellement mené la série autant que la flotte. Sa relation en non-dits et coups de gueule avec l'Amiral Adama reste la plus touchante de BSG, et si on peut, à plusieurs reprises, détester le président Roslin, impossible de ne pas verser de larmes pour sa dernière apparition. A 58 ans, Mary McDonnell, habituée du grand écran, donne une toute autre dimension au petit et assure son statut d'actrice accomplie. Magistrale.
Eddie & Patsy
Inoubliables héroines d'Ab Fab, Eddie (Jennifer Saunders) et Patsy (Joanna Lumley) resteront, au delà de leur statut de quadra les plus politiquement incorrectes de la télévision, un monument de la culture british. Fumeuses invétérées, alcooliques au dernier degré, la première délaisse en permanence sa fille pour tenter (en vain) de draguer des jeunots et la seconde ne jure que par le botox et les drogues en tout genre. En refusant de rester coincées dans le rôle sociétaire octroyé de facto par leur âge, Eddie et Patsy tombent souvent dans le ridicule, mais il est difficile de ne pas, de temps à autre, envier leur formidable liberté. Deux icones indémodables.

