Par - publié le 23 décembre 2008 à 05h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h40 - 0 commentaire(s)
La méthode Parker & Stone : South Park/ That’s my Bush



On ne présente plus Matt Stone et Trey Parker, les créateurs de génie de South Park, dont la réputation de trublions du paysage audiovisuel américain n’est plus à faire. Les deux amis font en effet partie d’une race à part : les provocateurs intelligents. On ne peut en effet nier que bon nombre d’épisodes de la série animée de Comedy Central font dans la provoc gratuite, en abordant de manière frontale (et généralement avec un langage peu châtié) tous les problèmes de la société US. South Park a d’ailleurs bâti une grande partie de sa réputation sur l’absence d’autocensure de ses auteurs : Cartman et ses opinions systématiquement immondes, Kenny et ses morts hebdomadaires, le Chef et ses chansons pornos, Mr Garrison et ses troubles d’identité sexuelle ; dès que l’opportunité leur est donnée, Parker & Stone font dans le graveleux, le vulgaire, et le politiquement incorrect. De la provocation à l’état pur, oui, mais rarement gratuite, car toujours étayée d’un discours engagé de la part des scénaristes, qui y insèrent en filigrane leur idéologie à tendance libertaire. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans froisser quelques esprits réfractaires aux grandes leçons de morale… mais c’est là la grande force de la série : faire réfléchir tout en étant drôle, asséner quelques vérités et bousculer les certitudes tout en n’hésitant pas à taper le plus souvent possible en dessous de la ceinture…



Pour leur série That’s My Bush (2001), bizarrement, Parker & Stone optent pour une approche un peu plus traditionnelle. Initialement conçue comme une parodie de sitcom centrée sur Al Gore, le duo se voit obligé de repenser sa copie lorsque Bush devient Président après l’élection controversée de 2000. Parker et Stone font donc de ce dernier le héros d’une série à la courte durée de vie (8 épisodes). Ici, moins de vulgarité ou de provocation gratuite que dans South Park : Bush est (juste) présenté comme un benêt absolu, et le show est l’occasion pour ses créateurs de se moquer de tous les clichés du genre sitcom (voisin envahissant, répliques stupides, belle-mère insupportable, etc.) plutôt que d’imposer leur vision du monde ou de se montrer vraiment méchants. L’idéologie libertaire du duo reste cependant bien présente en pointillés, chaque épisode traitant d’un sujet controversé (avortement, armes à feu, peine de mort) via les positions respectives des personnages. Une série un peu plus classique que South Park, donc, et moins corrosive… ce qui ne l’empêche pas d’être totalement délirante (comme lorsqu'un Bush déguisé en catcheur masqué décide de reprendre par la force la Maison Blanche des mains de Dick Cheney !)…

Dossier réalisé par David Brami, Geoffrey Plankeele et André Côte
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