Véritables cartes d'identité, les génériques sont forcément révélateurs de l'esprit de la série elle-même. Drôles et décalés, animés et mémorables, chacun de nous se souvient de quelques uns d'entre eux, depuis sa tendre enfance aux cartons actuels. Retour sur quelques petits joyaux.
De manière générale, les génériques pourraient se classer en trois catégories.
D'abord, les créations originales qui exploitent des outils différents des épisodes pour en creuser les thématiques. Généralement, ce sont les génériques les plus marquants.
Desperate Housewives en est un parfait exemple. L'idée de Marc Cherry était « d'évoquer l'esprit original de la série et le rôle amusant de la femme dans la société traditionnelle ». Résultat : un patchwork animé de huit œuvres d'art illustrant la relation homme/femme à travers les âges avec un humour décalé.
Six Feet Under affiche lui aussi un générique inoubliable. Lorsqu'il créé sa série, Alan Ball pense immédiatement à Thomas Newman qui avait lui aussi travaillé sur American Beauty. Chose exceptionnelle : il lui demandera de composer la musique en premier, là où la plupart du temps celle-ci est écrite pour coller à des images préexistantes. Avec dans la poche un aperçu musical de 90 secondes, Alan Ball laisse carte blanche à plusieurs sociétés d'effets spéciaux pour proposer des idées. Au final, celui qui sera retenu est vite repéré par le créateur de la série : « C'était très élégant, notamment la police, discrète. Très cinématographique aussi, et très loin de ce qu'on a l'habitude de voir à la télévision. ». Le but était de ne pas lasser le spectateur avec ce long générique chaque semaine. Mission accomplie.
Dans sa série suivante, Alan Ball confirmera son goût pour les génériques décalés et profonds qui se révèlent à chaque nouvelle vision. Avec ses vampires plus ou moins intégrés dans la société, True Blood est clairement une métaphore de la ségrégation raciale.
Plus proche de la série mais non moins marquant, le générique de Dexter est un segment quasi-indépendant. Un critique américain avait d'ailleurs expliqué que « la première fois que vous le voyez, il vous dit exactement ce que vous devez savoir du personnage ». L'alternance de très gros plans, le montage haché et les cadrages précis confèrent au générique une aura cinématographique impressionnante tandis que la musique inhabituelle ajoute une pointe d'ironie.
Nip/Tuck suit le même chemin d'une manière beaucoup moins subtile. Des paroles de la chanson tellement directes (« A perfect soul, a perfect mind, a perfect face, a perfect lie ») aux images de lèvres « botoxées » et autres mannequins animés, le générique colle parfaitement à l'esprit de la série de Ryan Murphy. Toute aussi sexuelle, The L Word arbore quant à elle un générique plus stylisé.
Dans un registre plus comique, les « little boxes » de Weeds annoncent d'emblée le sujet de la série : l'uniformisation et la pression sociale. A force de courir après le rêve américain (argent, culture, études), les gens vivent dans le même quartier, dans les mêmes maisons, vont acheter leur café au même endroit et, finalement, rien ne permet de les différencier. Un générique drôle qui sera décliné sous diverses formes musicales, la chanson étant reprise par un artiste différent et en diverses langues à chaque épisode dès la saison 2.
Sex & the City ressemble quant à lui à un rêve Freudien : l'héroïne en tutu en plein New-York, au milieu des passants qui l'observent et d'une publicité géante d'elle qui « en sait long sur le sexe ». Simple mais mémorable.
Les dessous de Palm Beach n'est certainement pas une série marquante, mais son générique est un des meilleurs du genre. Les comédiens sont quasi-absents, laissant place à des personnages étrangers dans une série de situations qui, sur une musique pleine de punch, révèle les coulisses pourries et corrompues de Miami.

