Par - publié le 30 octobre 2008 à 23h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h09 - 0 commentaire(s)
Au coeur du complot - The Lone Gunmen

Nouvel échec de Chris Carter après Harch Realm et Millennium, The Lone Gunmen fait aujourd'hui figure de précurseur pour ne pas dire d'“avant-gardiste”. Créée en 2001 (soit durant la saison 8 de X-Files dont elle est dérivée), ce nouvel opus de l’auteur met en scène les trois informateurs de l'agent Mulder (plus connu sous le nom des “Bandits Solitaires” en VF) dans des aventures visant à dévoiler diverses conspirations à la face du monde. Héritière du versant parodique de l'univers x-filien, The Lone Gunmen souffre de scénarios répétitifs qui trahissent un manque de mythologie, celle-ci débutant trop tardivement. Ainsi, alors qu'il dévoile rapidement une identité iconoclaste et tributaire de certaines enquêtes loufoques de l'agent Mulder, ce spin-off n'arrive pas à trouver un écho favorable aux yeux du public, peu habitué à voir des personnages, à l'origine destinés à n'être que des faire-valoir, occuper ici le devant de la scène. De plus, Au Coeur du Complot cultive un humour bien particulier, entre ironie et sincérité, dans la même lignée que les saisons 6 et 7 de X-Files. Une dérision qui n'était pas au goût du jour puisqu'elle fustigeait le patriotisme tant prôné en ce lendemain de 11 Septembre. Cet accueil prouve que la notoriété du trio formé par Langly, Frohike et Byers s'arrêtait aux fans purs et durs de Mulder et Scully et ne représentait qu'une portion de l'audience du Bureau des Affaires Non-Classées. Ainsi, si X-Files s'affirmait en série de geek avec un geek “épuré” en vedette (l'agent du FBI pouvant être considéré comme le 4ème Lone Gunmen), elle dissimulait son contexte ultra référentiel (extra-terrestres et divers monstres) par un traitement mainstream (les enquêtes obéissant aux règles d'investigation classique) qui parvenait à la rendre accessible au grand public. A l'inverse, les Lone Gunmen mènent leur recherche à partir de références culturelles (qui ne sont pas forcément connues du téléspectateur moyen) et non de leur propre logique. En dressant le portrait de personnages se vouant à leur passion au détriment de toute vie sociale (des geeks pure souche en somme), Au coeur du Complot se montre trop en avance sur son temps alors qu'elle aurait pu faire couleur locale dans les grilles de programmes actuelles.



Freakazoid

En 1995, le studio d'animation de la Warner s'associe une nouvelle fois avec le célèbre réalisateur Steven Spielberg, après les succès des Tiny Toon et des Animaniacs, pour produire une série parodiant le genre super-héroïque qu'ils confient aux bons soins de Bruce Timm et Paul Dini, soit les deux plus grosses têtes pensantes derrière la géniale série animée Batman. Freakazoid! présentait les aventures délirantes de Dexter Douglas, un geek de seize ans ignoré par ses parents et maltraité par son abruti de grand frère, qui après avoir été absorbé par son ordinateur, se retrouve investi des connaissances de tout l'internet et de super pouvoirs dès qu'il prononce les mots "Freak in!", le transformant en Freakazoid un super-héros agité du bocal. La série puisait sans concessions dans la culture comic-book (à tel point que l'auteur Mike Allred reprocha au show d'être un plagiat de sa création Madman) ainsi que dans tout un pan de la culture populaire américaine. Le ton ouvertement absurde et décalé permettait d'insérer sans trop de difficultés des mini-segments sans aucun rapport avec le reste de l'épisode, tels une bande-annonce d'E.T. 2 avec un Elliott trop occupé à bécoter sa petite amie pour s'occuper des problèmes téléphoniques de son ami extra-terrestre, ou bien les aventures d'autres héros comme Fatboy and Boy Bubbler, version obèse de qui vous savez, luttant contre les voleurs de goûters. Originellement prévue par Bruce Timm pour être une série d'action/aventure sérieuse avec des pointes d'humour, Freakazoid se transforma en bazar référentiel quasi nonsensique par la volonté de Spielberg qui désirait se rapprocher du ton de ses précédentes productions animées. Cependant, l'humour fut trop abstrait et poussé pour la cible des jeunes téléspectateurs, ce qui poussa la chaîne Kids'WB! a changé fréquemment la case horaire en découvrant que l'audience était due à un public plus âgé que prévu, avant d'annuler la série à la fin de sa seconde saison. Ou quand à trop vouloir être geek, on perd la majorité du public...



Code Lisa

Créée en 1994 par Robert K. Weiss et produit par son collègue de toujours John Landis, avec lequel il remettra le couvert l'année d'après avec Sliders, les mondes parallèles, Code Lisa est l'adaptation télévisée du classique de John Hughes Une créature de rêve (Weird Science en VO pour l'un et l'autre). Le début de la série reprend point par point le film original jusque dans son générique rythmé par la chanson éponyme de Oingo Boingo, l'ancien groupe de rock de Danny Elfman. Ainsi, nous retrouvons Gary Wallace et Wyatt Donnelly, deux amis qui, à force de subir les râteaux avec les filles et les brimades de leurs camarades de lycée, décident de créer la femme parfaite sur ordinateur après avoir visionné La fiancée de Frankenstein. Malheureusement pour les deux compères, la sublime demoiselle qui se matérialise et qu'ils surnommeront Lisa n'est pas décidée à être la simple esclave sexuelle qu'ils escomptaient, et possède d'incroyables pouvoirs magiques qui, utilisés à mauvais escient, leur attireront pas mal de soucis. Loin de ne faire que poursuivre un concept pré-établi, la série accentuait les différences entre les deux personnages principaux. Gary est le geek "à la cool", voire un peu crétin, largement plus intéressé par les décolletés des filles que par les cours, ce qui l'oppose à Wyatt à tendance "nerd", premier de la classe, pro de l'informatique et évidemment plus réservé. Les situations rocambolesques causées par l'insouciance de l'un nécessitent l'intelligence et la rigueur de l'autre pour être annulées, et si les deux garçons continuent à être amis malgré leurs caractères incompatibles de prime-abord, c'est grâce à leur désir commun de quitter ou d'au moins se faciliter une réalité qui ne semble pas être faîte pour eux. Bref, une envie d'évasion qui parle obligatoirement à un public geek et de manière plus large à une grande partie des adolescents. De plus, la majorité des épisodes faisaient la part belle aux références d'œuvres dîtes de genre de manière fort réussie car, contrairement à nombre de parodies, les auteurs ne se contentaient pas de la facilité et mélangeaient allègrement les vieux films et séries cultes, et les succès plus récents. Bref, à l'instar de John Hughes, en utilisant intelligemment les stéréotypes et en ne prenant pas les jeunes pour des demeurés, la série réussit à marquer sa génération.

Dossier réalisé par Geaoffrey Plankeele, Ronan LeTreste, André Côte, David Brami.
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