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Les spin-off : un succès mitigé Vol. 3 [page 1]

Par André CÔTE - publié le 17 mai 2010 à 18h46 ,
MAJ le 18 mai 2010 à 11h03 - 0 commentaire(s)

Dans les deux premières parties de ce dossier, nous évoquions la tendance des spin-offs à suivre un personnage secondaire qui quittait la série-mère. La familiarité entre le protagoniste et les spectateurs permet aux scénaristes de gagner du temps afin de donner de la consistance au nouvel environnement.

 

Or, les séries policières ne s'embarrassent pas d'une telle relation. La filiation tient surtout à la reconnaissance par le public du respect d'un cahier des charges narratif et visuel. S'il arrive que les personnages se croisent lors d'un cross-over, c'est surtout pour souligner leur appartenance au même univers.

 

Ainsi, pour la production de Dick Wolf, Law and Order (traduit par New York District ou New York Police Judiciaire suivant les chaînes), la relation avec ses trois séries dérivées New York Unité Spéciale (Law and Order : Special Victims Unit), New York Section Criminelle (Law and Order : Criminal Intent) ou encore New York Cours de Justice (Law and Order : Trial by Jury) se limite à l'importance des procédures que doivent suivre les protagonistes, à une photographie similaire et à quelques gimmicks en commun : les génériques de ces trois dernières ne sont que des variantes de celui de la série-mère, les panneaux qui présentent les scènes ont toujours la même fonction et la musique est toujours de Mike Post.

 

S. Epatha Merkerson Law&Order 2

 

Law and Order se singularise par son concept qui embrasse toute l'infrastructure de l'appareil judiciaire en un seul épisode : en 40 minutes, nous assistons à une enquête et à un procès. La formule est simple et immuable. Sa première série dérivée, New York Unité Spéciale (ou NYUS), présente quant à elle une structure plus classique : il s'agit des investigations d'une équipe spécialisée dans les affaires de viols et nous nous penchons plus volontiers sur la psychologie des personnages. De son côté, New York Section Criminelle (ou NYSC), nous raconte les enquêtes d'inspecteurs chargés d'élucider les meurtres en cernant le comportement des suspects. A l'inverse des deux précédentes séries, NYSC repose sur les épaules des différents membres de la brigade, et en particulier sur celles de l'inspecteur Goren interprété par Vincent D'Onofrio. Enfin, la dernière incarnation, New York Cours de Justice, se focalise sur les procès qui ont lieu après l'enquête.

 

Par conséquent, alors que l'intitulé Law and Order fait référence au concept « enquête et procès », il se rapprocherait plus volontiers d'une marque déposée dans ses séries dérivées, d'une étiquette qui indique dans quel univers se déroulent les histoires. Ainsi, la notion de cahier des charges est lourde de signification à l'apparition des remakes français (Paris : Section Criminelle) et anglais (Londres : Police Judiciaire). Afin de mériter leur affiliation avec la série de Dick Wolf, les techniciens et scénaristes ont dû se conformer aux directives du producteur américain. Il en résulte l'utilisation d'une ville-phare dans le titre ainsi qu'une similitude dans l'écriture des scénarios. D'ailleurs, si l'on se fiait à la définition du spin-off présentée lors des dossiers précédents, nous pourrions considérer que NYUS n'est pas une série dérivée de New York District mais de Homicide, avec laquelle la série mère a connu quelques cross-overs. Un lien que l'on établit par la présence de l'inspecteur John Munch, commune aux deux séries.


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