PitouWHOn peut légitimement se demander si le succès entourant Lost est dû à un coup de génie ou bien s’il s’agit d’une énorme arnaque, la faute à notre méfiance naturelle pour tout ce qui vient de la télévision et autour duquel règne un énorme buzz. Néanmoins, ce flottement dans notre définition de la série créée par JJ Abrams ne peut s’appliquer qu’à partir du moment où l’on n’a rien vu du show car, une fois le premier épisode lancé, on ne peut que s’enfoncer dans les mystères de cette île… mystérieuse, quoi.

Parce que, malgré tout ce que l’on pourra dire, il est indéniable que Lost ne vous laisse jamais tranquille. Dans la tradition des séries feuilletonnantes américaines, chaque épisode est une mine de révélations, de retournements de situation, de trahisons, de nouvelles interrogations. D’autant plus que la très grande majorité des épisodes fonctionnent sur deux lignes temporelles qui se jouent en parallèle pour mieux se recouper thématiquement, insufflant une richesse supplémentaire dans la façon de traiter la temporalité. Et puis, bien sûr, il y a le côté mystique du show, cette faculté à soulever des questions dans nos esprits enfiévrés par une image aussi forte que celle d’un monstre gazeux, duquel s’échappe des bruits mécaniques.
On accroche donc à Lost parce que la série est réellement bien pensée, elle profite du savoir-faire d’Abrams qui n’a, actuellement, pas son pareil pour élaborer des concepts coup-de-poing, que ce soit à la téloche ou bien au ciné (
Cloverfield, quand même). Qui plus est, il a un intérêt et une culture certaine pour ce genre de choses, tout ce qui touche au mysticisme, donc, mais aussi au fantastique, à la science-fiction, à la science et les sciences occultes,… Tout un background que nous retrouvons dans la série et qui lui donne pour beaucoup l’intérêt que nous y trouvons, surtout quand le traitement des personnages nous les fait les apprécier ainsi.

Malgré cela - et de façon à être objectif - nous ne pouvons nier que la série, si elle ne fait pas vraiment dans l’arnaque, présente bien une certaine roublardise inhérente au fait que JJ Abrams est peut-être un peu trop malin. Tout y est donc savamment pensé, calculé, même quand l’intrigue donnait l’impression de se barrer grave en balloches et que l’on avait la sensation que jamais nous n’en verrions le bout. Et pourtant, ça arrive puisque l’histoire des survivants du vol de l’Oceanic 815 devrait s’achever dans deux saisons. Et c’est bien là que nous pourrons dire si la série est véritablement un coup de génie ou bien l’arnaque du siècle !