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Network VS Câble, les faits

Par Geoffrey CRETE - publié le 06 août 2010 à 22h47
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S'il est de coutume pour nous de qualifier la production télévisuelle française de catastrophique en comparaison de son homologue américaine, il est indispensable de replacer les éléments dans leur contexte. Déjà, en soulignant que la production outre-Atlantique est incomparable en termes de quantité, d'audiences et de moyens. Un succès pour Julie Lescaut sur TF1 représenterait ainsi un échec pour Grey's Anatomy sur ABC, chose plus que logique étant donné la superficie du territoire américain. Mais il est surtout primordial de différencier les chaînes qui diffusent les séries. En dehors de quelques rares exceptions, les séries qui traversent l'océan pour nous arriver et devenir de véritables objets de culte proviennent de chaînes câblées, sources d'inspiration de notre Canal+ par leur audace et leur liberté. Pour comprendre qui fait quoi dans cette guerre silencieuse qui oppose le câble aux grandes networks, un petit tour d'horizon semble nécessaire.

 

Grey's Anatomy 

Les faits

 

Passons le sujet épineux du téléchargement qui brouille indéniablement la donne : un Français friand de séries télévisées n'a que peu de choix s'il veut rester dans la légalité. D'un côté, il y aura les chaînes hertziennes et relativement gratuites ; de l'autre, Canal+ et le reste des chaînes payantes. Que ce soit lorsqu'elles achètent ou produisent elles-mêmes une série, ces chaînes obéissent à des règles profondément différentes. Tandis que TF1 achète les chassés-croisés amoureux de Grey's Anatomy, Canal+ met la main sur Dexter et son héros tueur en série. Et pendant que M6 met au point une version édulcorée de Gossip Girl - Paris 16ème, passée totalement inaperçue l'année dernière - la chaîne cryptée lance deux nouvelles saisons de Mafiosa, sa tragédie sur la mafia corse. Les enjeux, les chiffres et les possibilités ont beau être différents, les résultats parlent d'eux-mêmes : la qualité a un prix, et peu de personnes le considèrent. C'est certainement pour cette raison que la France reste en retard lorsqu'il est question de série, et que lorsque l'anglaise BBC achète Engrenages, une création de Canal+ qui décortique le système judiciaire français, les médias rappellent qu'aucune série française n'avait eu ce privilège depuis plusieurs décennies.

 

engrenages canal+ 

Outre-Atlantique, les choses se passent plus ou moins de la même manière. Pendant qu'ABC rencontre un succès démesuré avec ses quatre Desperate Housewives, Showtime s'affaire à Weeds, vision décalée et profondément corrosive de la banlieue américaine. Un exemple qui démontre que sur un sujet similaire, les possibilités artistiques sont très nettement différentes. Dans le cas présent, les deux séries emportent l'adhésion du grand public, mais un nombre impressionnant de mauvaises séries télévisées américaines restent dans l'ombre du reste du monde. Dans une production aux dimensions incomparables, la quantité de bons produits nous parvenant restera suffisante pour combler nos soirées solitaires en nous laissant penser que même la plus banale des séries américaines - au hasard, Les Experts - reste une pépite de divertissement qui dépasse, et de loin, nos Commissaire Moulin et autre Navarro.

 

les experts miami 


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