En raison du parcours d'un personnage lors des deux dernières années de A la Maison Blanche, la création de Aaron Sorkin (à l'époque, dirigé par John Wells) s'est vu qualifiée de “prémonitoire”. Il est vrai que l'ascension du député démocrate (et latino) Matthew Santos n'est pas sans rappeler celle de Barack Obama : les deux candidats se distinguant par un profil “atypique” au sein d'une course dont les participants se caractérisent d'ordinaire par un profil caucassien. Néanmoins, soucieux de vouloir garder un niveau de crédibilité satisfaisant, nous nous apercevons bien vite que le parcours de Santos est semé de plus d'embuches que celui de l'actuel Président élu. Normal, dira-t-on, puisque les scénaristes ne pouvaient alors que faire appel à leur simple imagination (des plus fertiles cependant) pour concevoir la progression d'un tel singulier prétendant.

Ainsi, malgré les quelques différences que nous étudierons plus tard, sommes nous surpris de constater de flagrantes similitudes entre eux deux.
Tout d'abord, ils se rejoignent dans leur relative inexpérience. En effet, malgré la cinquantaine bien tassée (Jimmy Smits est né en 1955) Santos n'a jamais occupé de poste au gouvernement, du moins pas à l'échelle nationale et demeure bien plus jeune que son rival républicain Vinick, agé de 70 ans. Obama, lui, se révéle le moins mature des candidats puisque il n'a pas encore franchi le barre du demi-siècle alors que Hillary Clinton est devenu sexagénaire (désolé de souligner ce détail, mesdames) peu avant sa campagne tandis que John Edwards (dernier candidat à l'investiture démocrate) ne tardera pas à franchir ce cap de la soixantaine.

De plus, Santos et Obama se retrouvent à devoir lutter dans une élection à l'investiture de leur parti avec une configuration étrangement semblable. Le principal concurrent de l'un était bien Hillary Clinton, mais il devait également compter sur John Edwards même si ce dernier s'est très vite retiré pour briguer un poste de vice-président. Cela rappelle un peu le trio Russell/Hoyes/Santos, tout trois candidats lors de la 6ème saison de A la Maison Blanche. Le “season finale” titré
2162 voix qui met en scène, de surcroît, cette fameuse élection à l'investiture : une sorte de spectacle en forme de one-man-show (les prétendants à la Présidence se retrouvant seuls devant une foule) où chacun expose ses idées devant les adhérents présents. Si la dramatisation a été accentuée (un député se présente in extremis, rallonge la liste des candidats et représente donc une potentielle perte de voix chez un autre), l'atmosphère particulière (on est loin des tranquilles Assemblées Générales) de ces élections a été fidèlement retranscrite.