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Obama A La Maison Blanche ? [page 3]

Par André Côte - publié le 13 novembre 2008 à 12h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h33 - 0 commentaire(s)
Dans un autre domaine, l'actuel Président élu a également la caractéristique de mettre en valeur ses origines, son histoire personnelle afin de le rapprocher du peuple. En revanche, Santos cherche avant tout à attirer l'attention sur les solutions qu'il propose sur des problèmes concrets, ayant peur de n'être résumé qu'à un simple stéréotype. Cette situation peut s'expliquer par la conscience des auteurs concernant les parti-pris avant-gardistes sur le propos mis en scène dans leur série et qui ont valu des railleries de la part des détracteurs de 24 heures chrono : jugé peu crédible non pas à cause de l'extravagance des rebondissements, mais par la simple présence d'un Noir en Président.



Qui plus est, il est difficile pour nous, à l'heure actuel, de connaître l'importance des directeurs de campagnes dans celle menée par Obama. A la Maison Blanche met l'accent sur les activités de toute l'équipe dirigée par Josh Lyman, puis secondée par la suite de Louise Thornton de sorte que Matthew Santos paraît un peu en retrait, à l'écart du tumulte. De même, nous verrons le candidat latino partagé entre son désir de faire campagne et son souci de se montrer à la hauteur de ses obligations familiales : étant marié et père de deux enfants. En somme, à l'image du Président Bartlet joué par Martin Sheen.

Enfin, la principale différence est sans conteste la passation de pouvoir entre le Président élu et sortant. Santos en connaît un des plus émouvants avec Bartlet, ce dernier approuve effectivement la plupart de ses choix et, surtout, voit en lui son digne successeur : les deux étant démocrates. On ne pourra pas en dire autant de Barack Obama qui détonne avec son prédécesseur George W. Bush : ce dernier étant républicain alors que son successeur est démocrate. Le peuple américain (et par extension, la planète entière) attend donc une réelle transformation du paysage politique alors que la fiction américaine proposait un changement dans la continuité.



Nous pouvons le constater, si Aaron Sorkin avait choisi de faire de A la Maison Blanche la représentation fantasmée d'un gouvernement démocrate idéal, celui-ci s'est offert le luxe d'un gentil décalage avec l'actualité : son feuilleton montrant un staff composé de membres de l'opposition, les républicains étant alors en place. On ne pouvait que sourire lors de ces quelques derniers mois au souvenir de l'ascension de Matthew Santos, précurseur fictif de Obama. Ou quand la politique-fiction (pour ne pas dire “science-fiction” comme l'ont dit certaines mauvaises langues) prend des allures de documentaire.

André Côte
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