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The Beast : focus série [page 2]

Par David Brami - publié le 26 janvier 2009 à 02h00 ,
MAJ le 22 février 2010 à 14h10 - 0 commentaire(s)
Mais comme si la vie privée du rookie n’était pas assez compliquée avec un frère en prison et une vie amoureuse sans cesse contrariée par des imprévus d’importance, Dove va vite se rendre compte que sa présence auprès de Barker n’est pas un hasard. Tout (son recrutement, la récente affaire montée de toutes pièces par l’agence) a en effet été mis en place afin que sa présence auprès de ce dernier lui permettre de s’acquitter d’une mission difficile à avaler : Barker serait un agent corrompu. Une révélation qui lui reste en travers de la gorge. « Il traite les gens comme s’ils étaient remplaçables, il lâche les règles quand elles ne lui conviennent pas, le type se prend pour Dieu. Et c’est un connard de première classe. Mais il n’est pas corrompu. C’est le meilleur agent avec lequel j’ai travaillé, et au final, il boucle ses affaires ». La tirade pose le dilemme à venir tandis que vont peu à peu se révéler des éléments troublants : Barker ne cesse de recevoir des coups de fils suspects, et une base de données mise en évidence pour contenir des informations sensibles va bientôt disparaître. Où se trouve la vérité ? Qui croire ? Faut-il jouer franc jeu avec Barker quand le FBI lui fournira un DVD l’incriminant, ou mener son enquête en sous-marin ? La bête du titre, ce travail qui vous hante et vous ronge, ont-ils fini par prendre le dessus ?



Mené tambour battant par le réalisateur Michael Dinner (Sons of Anarchy, New York District, The $treet), le pilote regorge de références. Le scénario fait bien évidemment penser aux longs-métrages Narc et Les Infiltrés (pour ne citer que les exemples les plus récents) alors que la photographie moite et poisseuse, dépeignant un Chicago stylisé mais évitant les clichés, évoque autant Damages que Seven. Si sur le papier, la structure impose l’évocation de The Shield, la série s’en éloigne rapidement dans la forme et le traitement narratif, la caméra à l’épaule symptomatique du show de Shawn Ryan faisant par ailleurs place à une mise en scène bien plus structurée et cinématographique. Côté interprétation, l’ancien modèle Travis Fimmel, aperçu précédemment dans Jane et Tarzan, campe un personnage dont les tics et l’apparence ne sont pas sans évoquer un croisement entre Brat Pitt (à mi-chemin entre le Davis Mills de Seven et le Tyler Durden de Fight Club), Ray Liotta et Guy Pierce (période Memento).



Malheureusement, et bien que très appréciable (puisque collant parfaitement à la figure de style), le monsieur n’a pas encore le talent des ses aînés et son jeu peine parfois à donner une réelle profondeur au personnage. On se plaît à imaginer ce que la série aurait été si Larry Gilliard Jr. (l’ancien D’Angelo Barksdate de Sur Écoute, ici en agent du FBI) avait été choisi pour le rôle, mais force est tout de même de constater que l’alchimie avec Swayze fonctionne pour le mieux. Ce dernier, en pleine chimiothérapie pendant le tournage (l’acteur souffre d’un cancer du pancréas qui poussa la production à tourner sans assurance afin de mener le projet à son terme), incarne à merveille un personnage secret, distant et implacablement efficace. Doté d’un code moral justifié par une connaissance accrue du terrain, l’homme part bille en tête vers ses objectifs mais ne manque cependant jamais de discernement, jugeant que les conséquences de ses actes reviendront le hanter s’il n’est pas honnête avec lui-même. Le spectateur est ainsi bien contraint de lui accorder un minimum d’empathie et de respect, et s’aligne avec le point de vue de Dove, hanté par les mêmes certitudes et les mêmes doutes naissants quand ces derniers apparaissent.

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