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The It Crowd : Focus Serie [page 1]

Par David Brami - publié le 16 juin 2008 à 02h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h32 - 0 commentaire(s)
Cela faisait un moment qu’on cherchait une excuse pour vous parler de ce petit bijou télévisuel qu’est The IT Crowd. Et quelle meilleure occasion que la victoire de l’acteur Richard Ayoade dans la catégorie Meilleur acteur pour une série comique cette année au Festival de télévision de Monte Carlo ? On vous avait déjà parlés de Garth Marenghi’s Darkplace où l’acteur officiait également comme scénariste et réalisateur, et autant dire qu’ici, il change totalement de tête, mais garde son accent reconnaissable entre mille dans cette comédie pour le moment composée de deux saisons de six épisodes, diffusée depuis 2006 sur Channel 4.


The IT Crowd (IT pour « Information Technology », ou la technologie qui gère l’information) narre les aventures de Roy (Chris O’Dowd, Roman’s Empire) et Moss (Ayoade), les deux techniciens chargés de la maintenance informatique de la multinationale Denholm Industries (oui, il ne sont que deux, ou presque), relégués au sous sol de l’immense immeuble londonien, considérés comme les parias qu’ils sont, sans aucune habilité sociale et fans d’une culture (le cinéma, les comics books, les jeux vidéo, la technologie informatique) que personne d’autre dans l’immeuble n’est à même de connaître, ni même de comprendre. La série débute alors que Jen (Katherine Parkinson, Fear, Stress and Anger), une nouvelle arrivante accueillie par Monsieur Denholm lui-même (Christopher Morris, Brass Eye), un chef d’entreprise imbu de lui-même (il peut se le permettre, il a les moyens), comprend qu’elle ne restera pas longtemps au 44ème étage de la boite, entre les baies vitrées et les toilettes mixtes où les employés couchent ensemble, mais avec les deux zozos du sous-sol, entre les portes d’ascenseur cassées, les machines désuètes et les papiers collants qui traînent dans ce fourbis depuis une éternité.


Bien entendu, la série tourne tout d’abord sur le manque total de culture informatique dont font état la totalité des employés de la société. Roy répond ainsi au téléphone après une bonne quarantaine de sonneries pour se retrouver à contempler les gémissements d’une employée qui a un problème avec sa machine à écrire du futur (plus communément appelée un PC). Des problèmes tellement compliqués à résoudre qu’il suffit souvent d’allumer et d’éteindre la machine pour les voir s’envoler, mais encore faudrait t’il : a/ le savoir, b/ savoir comment faire. La totalité de l’entreprise a ainsi régulièrement besoin de faire appel aux deux gugusses pour comprendre où se trouve le bouton pour allumer la bête, et comprendre également a quoi il sert, et comment il fonctionne. Tout amateur reconnaîtra ainsi ses congénères, confondant les tiroirs d’éjection de Cd avec des portes gobelets, agrafant leurs disquettes aux dossiers papier ou ne trouvant pas de ‘fenêtres’ sur le bureau, celle-ci étant ‘sur le mur’.


Evidemment, la série s’essoufflerait rapidement s’il n’était question que de ce genre de problèmes et l’arrivée de Jen en tant que chef du département, totalement étrangère à ce monde cryptique mais parfaitement à l’aise avec ses congénères, va d’emblée donner une dynamique puissante et créer un décalage proprement hilarant. On retrouve bien ici la patte du créateur, scénariste et réalisateur de la série, Graham Linehan, déjà célèbre pour ses comédies déjantées (notamment Father Ted avec Dermot Morgan et Black Books avec l’improbable trio composé de Dulan Moran, Bill Bailey et Tamsin Greig), et adepte d’un décalage constant, adorant croquer sur le vif les habitudes humaines dans toute leur contradiction et leur exubérance. Forcée d’embarquer dans cette galère, Jen, après avoir tenté de s’imposer sans succès auprès des deux nerds de service, va pourtant se révéler d’une importance capitale pour la survie (littérale) de la petite équipe. En effet, à cause leurs très pauvres capacités sociales, Roy et Moss s’énervent souvent contre les autres salariés déjà énervés eux-mêmes par la frustration de travailler avec un matériel trop compliqué pour eux, et descendent régulièrement donner une bonne correction aux opérateurs, ces derniers manquant souvent de se retrouver à l’hôpital. Jen va donc réussir à souvent leur sauver la mise, engageant simplement la discussion avec ces visiteurs occasionnels.


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