Cela aura fait un an et demi que nous attendions la nouvelle et dernière saison des aventures de Vic Mackey, incarné par l'impérial Michael Chiklis. Ce mardi, les téléspectateurs américains auront donc assisté à la conclusion de la mythique série de Shawn Ryan. Ce dernier se voit désormais propulsé au rang de producteur vedette du tube cathodique au même titre qu'un Steven Bochco ou Chris Carter en leur temps. Preuve en est, l'association de son nom à l'actuel The Unit. Le récent drama militaire en déçoit d'ailleurs plus d'un pour cette raison : comment passer après le monument que constitue The Shield ? Celle-ci aura donc réussi à bâtir une réputation à Ryan dont le CV ne comptait jusqu'alors qu'une participation à
Nash Bridges (eh oui, le créateur de Vic Mackey a débuté en écrivant quelques épisodes pour Don Johnson) ou encore
Angel de Joss Whedon où il officiait en tant que producteur exécutif sur la seconde saison.
Qui plus est, si cette conclusion de The Shield est particulièrement attendue au tournant, elle ne l'est pas seulement pour les fans de la série ou pour les amateurs de cop drama en général. Si l'attente était palpable, c'est avant tout en raison de la valeur acquise par cette saga sur la
Strike Team (ou “
Brigade de Choc” en VF), une qualité qui la range du côté des grandes productions télévisuelles aux côtés de Oz ou encore de Les Soprano. Ce treizième épisode marque ainsi l'achèvement d'une des premières grandes oeuvres de ce millénaire. On peut d'ores et déjà plaindre la chaîne FX puisqu’il lui faudra attendre longtemps avoir de voir débarquer sur ses grilles un programme qui rivalisera, tout du moins arrivera à la cheville de la création de Shawn Ryan. En quelques saisons, le producteur aura su exploiter le format télévisuel sans l'épuiser, et cela autant dans le domaine visuel que narratif puisque que l'intrigue charnière tiendra les téléspectateurs en haleine durant 7 ans (il faudra remonter à Homicide de Tom Fontana et Barry Levinson pour retrouver une utilisation aussi pertinente de la caméra à l'épaule qui ne soit pas qu'un “gimmick”). De surcroît, on se remémore également la situation difficile traversée par toute l'industrie du divertissement l'an passé : la fameuse grève des scénaristes. The Shield fait figure de miraculée en réussissant à boucler le tournage de son ultime épisode peu avant le début des manifestations. “On aura eu chaud” serait-on tenté de penser tant la commande d'une saison supplémentaire (aussi motivée fut-elle d'apporter une conclusion “satisfaisante” mais contraire aux projets initiaux de son auteur) aurait terni l'impact de l'oeuvre. Or, ce que cherche Shawn Ryan n'est pas un épilogue juste “satisfaisant” mais, au contraire, un dénouement qui, au pire, mettra tout le monde d'accord, ou, au mieux, mettra le fan à genoux. On le savait depuis quelques années maintenant, The Shield était conçu, planifié, programmé pour 7 saisons, et pas une de plus.
