Michael Westen est un agent secret pour le compte du gouvernement américain. Ou plutôt, il l’était avant d’être victime en pleine mission périlleuse de ce qu’on appelle dans le métier, une « burn notice », un avis gouvernemental qui le rend inapte à exercer ses fonctions officiellement. Après s’être extirpé non sans mal de sa mission en cours, Michael est forcé de rentrer à Miami, sans ressources et sans moyens de contacter ses supérieurs afin de connaître la raison de son exclusion des services spéciaux. Débrouillard, surentraîné et bille en tête, il va repartir de zéro, utilisant ses rares contacts afin de passer inaperçu, de se renflouer en acceptant des missions mineures et devra supporter une mère possessive et hypocondriaque qui manque souvent de le rendre dingue.

Nouvelle série de USA diffusée aux Etats-Unis depuis le 28 juin dernier, la chaîne fait une nouvelle fois honneur à son moto : « characters welcome » (en clair : les personnages à forte personnalité sont les bienvenus) avec cette nouvelle série d’action espionnage bien particulière. Campé par un Jeffrey Donovan (Blair Witch 2, Monk, Les Experts : Miami) convaincant, à la fois humain et implacable bête de guerre, l’agent Michael Westen accompagne le spectateur dans un monde de faux semblants et de coups fourrés dont il est la première victime. Narrant ses exploits d’une voix off au ton clinique à la fois technique (pour les pratiques liées à ses talents d’agent secret) et hilarant (pour le décalage entre son sérieux, la bêtise de ses adversaires et les bas problèmes familiaux tranchant net avec ses ennuis professionnels), Michael se retrouve enfermé dans un monde qu’il ne connaît que trop bien, incapable de faire le moindre mouvement sans être épié et surveillé, à l’image d’un Patrick MacGoohan dans Le Prisonnier.
La chaîne a mis le paquet pour promouvoir cette nouvelle série, diffusant un pilote d’une longueur exceptionnelle pour une série de ce format (le pilote fait ainsi 65 minutes), une diffusion exceptionnellement sans aucune coupure publicitaire. Possédant un ton oscillant entre sérieux et extravagance propre à la chaîne qui nous a déjà offert les excellentes séries Monk et
Psych (dont la seconde saison débute ce vendredi 13 sur la chaîne et dont nous reparleront rapidement),
Burn notice comprend de plus, une galerie de protagonistes hauts en couleurs incarnés par des acteurs qu’on regrette de ne voir que trop rarement actuellement (comme l’impayable Bruce Campbell de
Evil Dead ou encore la magnifique Gabrielle Anwar de
Dernières heures à Denver) et prend le parti de nous servir un protagoniste principal intelligent, usant de ruse et de ficelles sobres pour surmonter ses problèmes, loin des sempiternelles explosions hollywoodiennes.

Possédant un charme irrésistible grâce à son intrigue carrée et ses dérapages comiques permanents,
est comme souvent pour les programmes de la chaîne, un vrai bol d’air frais, équilibré et jouissif, qu’il serait dommage de bouder tant on y retrouve le plaisir profond des programmes efficaces et distrayants sans pour autant que ceux-ci sacrifient la qualité de l’œuvre sur l’autel de la vulgarité ou du sensationnel inutile.