Alors que la grève des scénaristes fait rage à travers les Etats-Unis, voyant pousser des piquets de grèves ça et là, de nombreuses séries continuent d’être affectées dans leurs tournages ou leurs diffusions par l’arrêt de travail décrété par les scénaristes et soutenu par de nombreux créatifs du métier, acteurs et réalisateurs inclus. Ainsi, alors que les premiers touchés furent les émissions tournées en direct devant une audience live, celles-ci ayant besoin d’une écriture journalière suivie (on citera ainsi les shows de
Jay Leno, David Letterman, Conan O’Brian, Jon Sterwart ou encore le fameux
Saturday Night Live), d’autres séries pourraient lourdement pâtir de cette interruption des programmes.
Les dernières années ont démontré a quel point il était devenu dangereux pour certaines séries de couper leurs saisons en deux, les networks ayant l’habitude de diffuser une première partie de celles-ci à la rentrée de septembre pour ne reprendre leurs diffusion qu’à la mi-mars. Ainsi,
Jericho, parti grand vainqueur la saison dernière, est passé par bien des tourments alors que l’audience n’est pas revenue à la reprise. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains shows tels que
24 heures chrono ou Lost ont finalement été directement relégués en janvier pour une diffusion ininterrompue de leurs saisons respectives. Une décision qui, dans l’absolu, a tout de louable, mais qui portera cette année préjudice même aux plus grandes séries. Les deux show susnommés n’ont ainsi, à l’inverse de ceux ayant déjà débuté leur diffusion à la rentrée, que peu d’épisodes déjà achevés. Trop peu pour être diffusés en l’état.
Egalement, voici une grève qui tombe à pic pour foncer encore plus le contraste entre les séries qui fonctionnent, et celles qui sont en passe d’être annulées, les studios étant obligés de s’engager pour défendre leurs nouvelles valeurs sûres alors que les succès en demi-teinte n’auront pas ce luxe. Ainsi, des séries comme
Moonlight ou
Bionic Woman, de sympathiques séries de genre aux audiences toutes relatives, pourraient voir leur aventures s’achever en mi course si le gel scénaristique se prolonge au delà de quelques semaines et alors que tous les épisodes déjà tournés auront étés diffusés. Même Scrubs, pourtant favori du public depuis 7 ans, pourrait voir son ultime saison abrégée, son nombre d’épisodes passant dramatiquement de 18 à 12. Une situation qui empêcherait Bill Lawrence, créateur de la série, de tenir ses promesses quant à une fin de série juste et émouvante. Un véritable tremblement de terre qui pourrait handicaper longuement l’industrie télévisuelle américaine si les producteurs n’arrivent pas rapidement à la table des négociations avec quelques conciliations de taille. Reste à savoir l’impact que celles-ci auront sur les prix des programmes en ligne et leurs modes de diffusion, ainsi que sur les spectateurs jusqu’ici concernés à demi mot par les évènements.