Par David Brami - publié le 04 octobre 2007 à 00h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 10h40 - 2 commentaire(s)
Les créateurs de série s’arrachent souvent les cheveux afin de trouver un concept novateur et original afin d’attirer les ménagères de moins de cinquante ans devant leurs postes de télévision afin de les accrocher et de booster leurs audiences, et inutile d’être un génie pour comprendre à quel point mettre en scène quatre d’entre elles, dont la vie se situerait à mi-chemin entre les problèmes de tous les jours et l’existence rêvée et fantasmée par ce public cible fût une idée lumineuse. Quatre ans plus tard, alors que la série mettant en scène les résidentes de la petite rue de Wisteria Lane en banlieue américaine reprend, elles sont presque toutes devant leur poste (voir news audience correspondante), et on l’est aussi. Alors, est-ce ce nouveau season premiere comble nos attentes ? La réponse tout de suite.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la saison dernière nous avait laissé avec les graines d’une saison 4 riche en situations ingérables et hautement jouissives. Susan venait enfin de convoler en justes noces avec le beau Mike alors que ses quatre autres amies se retrouvaient dans des situation inextricables : Bree se faisait passer pour faussement enceinte afin de reprendre le jour venu, l’enfant de sa fille tombée enceinte, Gaby à peine mariée retombait quelques minutes plus tard dans les bras de Carlos alors que ce dernier venait de rompre avec perte et fracas avec une Edie en détresse, tandis que Lynette venait à peine d’apprendre l’existence d’un cancer et devait commencer sa chimio.

Ainsi, une majorité de personnages entamait la convoitise d’un secret socialement ou moralement dévastateur à plus d’un titre, un secret qu’il faudra garder au mieux pour sauver les apparences.


Et c’est d’ailleurs ce thème qui est choisi pour illustrer ce premier épisode d’une saison quatre débutant quelques secondes à peine après les évènements passés, et qui s’annonce tout aussi succulente que les précédentes : Après une introduction qui arrive presque à nous faire croire en la mort d’un des personnages principaux et qui marque le retour du fameux ton tragico-comique d’une série qui arrive toujours, même dans ses moments les plus graves, à ne jamais être morose, voici donc que débarque à la stupeur générale, une ancienne habituée des lieux.


Avec une arrivée en fanfare sous les yeux de nos quatre ménagères favorites (à l’exacte opposé, donc, de celle, confidentielle et en pleine nuit, des Applewhite de la saison 2), Katherine Mayfair, ancienne amie de Susan ayant quitté la petite rue résidentielle il y a 12 ans du jour au lendemain, arrive elle aussi avec son cortège de mystères et un caractère bien trempé qui annonce déjà des joutes verbales mémorables entre Bree et sa personne. Dotée d’un background qui relègue d’emblée les vétérantes de la série au rang de petite nouvelles, la miss ré-emménage ainsi dans la fameuse rue accompagnée d’un mari gynéco et d’une fille ayant tout oublié de son passé et de son ancienne meilleure amie. Julie, la fille de Susan n’arrive d’ailleurs pas a lui faire se souvenir de quoique ce soit, si ce n’est d’un vague souvenir traumatique qui pourrait être à la fois la clé du départ précipité et du retour au grand jour de la famille.


Malgré cet élément nouveau, nos héroïnes ordinaires ne sont cependant pas en reste dans ce premier épisode. Un dicton populaire affirme que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et que dans toute relation (qu’il s’agisse de relation de couple ou de relations amicales), le passage sous silence de certains faits permet d’entretenir une cordialité salvatrice. C’est en adoptant cet état d’esprit que la plus travailleuse de nos ménagères, Lynette, va ainsi tenter de cacher sa maladie. Celle-ci le fait d’ailleurs en toute honnêteté, appréhendant la réaction de ses amies à la nouvelle tout en sous-estimant l’étendue de son mal. Elle va ainsi tenter de garder un panel d’activité normal, avant de réaliser sous le poids des évènements qui s’accumulent (la fatigue physique et mentale aidant) que la situation dans laquelle elle se trouve est plus grave qu’elle ne voulait bien se l’admettre. Une prise de conscience immédiatement suivie d’une confession en bon et due forme, alors que les amies formeront un pacte de vérité, évidement trahi d’emblée par plusieurs d’entre elles.


Elle aussi guidée par la honte découlant d’une éventuelle révélation malvenue à son propos, Bree continuera de couvrir sa fausse grossesse par tous les moyens possibles, violentant les vieilles dames et mutilant son ventre en mousse avec une fourchette de barbecue non rétractable (contrairement à l’affirmation publique) afin de cacher en plein jour, à l’image de la nouvelle venue et dans des scènes d’une hilarité comble, son indicible secret. Gabrielle sera quand à elle écartelée émotionnellement entre la stabilité offerte par son politicien de nouveau mari bourré de travail, et l’aventure folle mais sans cesse retardée promise par son ex, lui-même piégé par une Edie fouineuse et prête à la mise en scène de suicide dans le but de culpabiliser et garder l’objet de son affection. Enfin, que dire de l’énorme et joyeuse surprise qui attend Susan et Mike au tournant après à peine quelques semaines de mariage !

Un retour en fanfare pour nos dames, d’ailleurs non dénué de quelques autres gâteries, comme la présence de l’adorable madame McKluskey dont la bonhomie et le potentiel sympathie avait explosé lors de la saison précédente. Elle se révèle ici à nouveau un élément comique indispensable, tout en étant narrativement utile, faisant la lumière pour le spectateur sur certains éléments des intrigues à venir tout rythmant parfois les situations de belle manière (notamment lors d’une intro mémorable). Agréable surprise annoncée elle aussi, l’arrivée au casting de l’acteur Nathan Fillion que les fans des séries de Joss Whedon et de Tim Minear apprécieront tout particulièrement. L’acteur conserve ici tout son charme, mis au service de situations tordantes (l’analyse gynécologiques de Susan par exemple), tout en étant un solide pilier dans d’autres éléments plus graves de l’intrigue.


Laissons tout ce petit monde se développer et s’entrechoquer sous nos yeux avant la prochaine arrivée du maintenant déjà célèbre couple gay qui, s’il est bien timé (et on n’en attendra pas moins), devrait débarquer comme un chien dans un jeu de quille alors que les situations déjà existantes ne manqueront pas d’évoluer telle une bataille navale top secrète où deux clans (souvent flous) se dessinent déjà : celles qui comptent jouer sur les apparences, élément primordial de la vie féminine, et celles qui vont inévitablement partir en chasse de ces secrets, intriguées et inquiétées par des suspicions qui ne manqueront pas de naître dans les détails du quotidien. En tous cas une chose est sure : Voilà une rentrée réussie qui est bien loin de nous décevoir !

David Brami




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