Par David Brami - publié le 28 juin 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h55 - 0 commentaire(s)
Alors que Série Club en termine actuellement une nouvelle fois la diffusion de ses deux saisons et que M6 avait déjà fait de même l’année dernière, cette dernière récidive en rediffusant à partir du 15 juillet prochain, la série Les chemins de l’étrange.

Declan Dunn est professeur d’anthropologie à l’université de Northern dans l’Oregon. D’apparence gauche et naïve, il consacre tout son temps libre à enquêter sur les phénomènes miraculeux dont il entend parler, ce suite à un accident périlleux en montagne auquel il survécut miraculeusement. Sa démarche consiste à prouver l’existence du surnaturel en essayant par tous les moyens possibles de trouver des explications rationnelles et scientifiques à tous les cas qu’il rencontre. Il est aidé dans ses enquêtes par Miranda, une diplômée en physique asociale et enfermée sur elle-même, qui pourtant entretient une relation complice et amicale avec Duncan. Bien qu’elle ne partage pas ses vues sur l’éventualité de réels miracles inexplicables, elle l’aide néanmoins lors de ses enquêtes à prouver tout ce qui relève de faits scientifiques, analyses, maquettes et expériences en labo à l’appui. Il est aussi assisté du docteur Peggy Fowler, psychiatre de son état travaillant dans un hôpital à proximité de l’université où enseigne Declan. Profondément marquée par la mort récente de son mari, elle suivra Declan accompagnée de son scepticisme et de ses désillusions, n’étant pourtant ni dénuée d’espoir, ni au bout de ses surprises.


A mi-chemin entre X-Files (pour ses phénomènes surnaturels) et Indiana Jones (pour son côté professeur qui part à l’aventure et ses couloirs blindés d’étudiants), Les chemins de l’étrange (en anglais Mysterious ways, sans doute provenant de la fameuse phrase : « The Lord moves in mysterious ways », équivalent anglo-saxon de « les voies du seigneur sont impénétrables ») diffère des sérials fantastiques habituels dans le sens où elle essaye non seulement de s’interroger sur la notion de foi des personnages de manière constante (sans pour autant parler de religion) et inclut dans ses intrigues ceux-ci à un niveau personnel. Ainsi, jamais les personnages ne seront indifférents ou simplement témoins des évènements. Ils auront toujours un vécu, une approche compatissante et sincère envers ceux touchés par les phénomènes qu’ils étudient, d’une jeune mère dont le fils a miraculeusement été sauvé de la noyade, au laveur de carreaux miraculé après une chute sans filet de 30 étages et entouré de circonstances qui semblent le pousser de manière troublante vers un destin tout tracé, ajoutant une composante émotionnelle non négligeable et véritable atout de la série. Nos héros seront d’ailleurs souvent les « victimes » involontaires de ces phénomènes, soumis à des pulsions qu’ils ne comprennent pas ou placés dans des circonstances entre un apparent surnaturel et une réalité pas toujours évidente.


Déjà fier de rôles cultes dans le Aux frontières de l’aube de Kathryn Bigelow et la série Profit où il est le plus culte des sociopathes avant de figurer aujourd’hui en belle place dans le casting de Heroes, Adrian Pasdar campe le sympathique et bon vivant Declan Dunn, ne ratant jamais une occasion de profiter de la vie, n’hésitant pas à garder un ton léger et ne pouvant s’empêcher de blaguer même dans les situations les plus dangereuses et incongrues. Il est épaulé de la charmante Rae Dawn Chong, déjà aperçue dans Amy, La guerre du feu (pour lequel elle emporta d’ailleurs le Genie Award de la meilleure actrice en 1981) et Darkside : les contes de la nuit noire. Celle-ci est parfaitement crédible dans le rôle de cette psychiatre attentive et désenchantée, n’hésitant pourtant que rarement à accompagner Duncan dans ses enquêtes (quand elle hésite, il la harcèle jusqu'à ce qu’elle accepte). Complétant ce singulier casting, la magnifique Alisen Down, (Coroner DaVinci, Smallville et récemment Battlestar Galactica) incarne cette récente diplômée mystérieuse et à la limite du mouvement Goth avec son visage froid cachant une timidité maladive, ses fringues noires et sa musique furieuse.


Produite en l’an 2000, la série fut crée par Peter O’Fallon, scénariste et réalisateur bien connu des amateurs de séries pour ses participations aux plus originaux des projets tels Wonderfalls, Twilight Zone, The Riches ou Dr House, qui nous livre ici à cœur ouvert une création généreuse, au ton léger et jamais avide de messages d’espoir et de mystères à se retourner la tête. Sans condescendance ou messages catégoriques assénés à la massue sur la foi ou le pragmatisme, Les chemins de l’étrange navigue toujours entre deux eaux, entre le rationnel et le surnaturel et il est difficile, sinon impossible, de savoir à l’avance le fin mot de l’histoire, ce qui en fait une des séries les plus rafraîchissantes et les plus jouissives qu’il nous ai été donné de voir.

Une série qui, malgré ses nombreuses et évidentes qualités, passe pourtant souvent inaperçue dans les grilles de diffusion. M6 nous donne l’occasion d’à nouveau apprécier ce brin de fraîcheur salutaire en diffusant les deux seules saisons de la série (pour un total de 43 épisodes), autant en profiter.
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