Par David Brami - publié le 27 juillet 2009 à 10h01 ,
MAJ le 29 juin 2010 à 17h29 - 0 commentaire(s)

Depuis 2005, la TNT américaine s'est imposée comme l'une des plus prolifiques chaines du câble américain. Non pas qu'elle n'ait pas produit d'intéressants programmes maison avant cela, mais l'arrivée de The Closer, depuis considérée comme la plus populaire série diffusée hors des grands Networks, a changé beaucoup de choses pour la chaine. Depuis, la TNT a continué avec plus (Saving Grace, Raising the Bar, Leverage) ou moins (Saved, Heartland, Trust Me) de succès à surfer sur la vague, proposant chaque saison de nouveaux hits potentiels. Et cette année ne fera pas exception, puisque ce sera au tour du drama médical Hawthorne et de la série policière Dark Blue de tenter leur chance, cette dernière voyant le producteur Jerry Bruckheimer (Les Experts, Cold Case, FBI : Portés Disparus) enfin sortir du giron de CBS.


Sans aucun lien avec le film de Ron Shelton inspiré du roman de James Elroy en 2003, Dark Blue va ici non pas se focaliser sur les méandres de la justice policière dans le Los Angeles des émeutes de 1992, mais plutôt sur une équipe toute contemporaine de flics infiltrés au quotidien particulièrement périlleux. A sa tête se trouve Carter Shaw (Dylan McDermott, The Practice), un ancien surdoué des services de police que le métier à récompensé en lui hottant tant sa femme que toute raison d'avoir une vie hors de sa profession. Son seul et unique objectif désormais, trouver un moyen d'infiltrer et de coincer les plus dangereux criminels opérant dans la ville de Los Angeles. Pour cela, Carter sera assisté d'une équipe très réduite, seul moyen d'assurer une cohésion nécessaire au succès de chaque mission. Parmi eux, Dean Bendis est une tête brulée n'hésitant jamais a aller jusqu'au bout de ses missions quelqu'en soit le risque (Logan Marshall-Green, Traveler, Newport Beach, 24 Heures Chrono). Ty Curtis est également impliqué dans son métier, mais doit gérer sa vie de nouveau marié (Omari Hardwick, Saved). Enfin, la petite nouvelle Jaimie Allen est une ancienne délinquante recrutée pour son talent au mensonge et sa capacité à soutenir les apparences (Nicki Aycox, Supernatural, Over There, Cold Case).

 


Sur le papier, la série partage de nombreuses similitudes avec Leverage, une autre production maison : chaque épisode va en effet se focaliser sur les efforts de la petite équipe pour faire tomber un nouveau malfrat haut placé, que celui ci opère dans le trafic d'armes, de drogue ou de tout autre marchandise illicite. Qui plus est, chaque membre de l'équipe possède sa spécialité. Mais très rapidement, la Bruckheimer's touch pointe le bout de son nez : tonalité très sombre (à milles lieues de l'humour de sa collègue), image léchée (contraste trés marqué, couleurs vives) et résolutions des intrigues sonnant telles de grandes bouffées d'air après trois longs quart d'heure d'apnée. Pas de doute, la marque de fabrique du producteur fait de Dark Blue un produit calibré et efficace, même s'il souffre cependant des limites de son format.

Il va ainsi être difficile de faire croire au spectateur qu'un tel travail d'infiltration au sein d'une équipe de trafiquants paranoïaques puisse se monter en quelques jours (comme le souligne d'ailleurs si bien le pilote) et nous offre une intrigue différente chaque semaine. Le second épisode du show met déjà  en exergue des problèmes que l'on imagine récurrents : si l'articulation des intrigues s'avère solide, ce n'est malheureusement pas le cas de ses éléments, et certaines situations semblent ainsi tomber du ciel. Besoin d'argent ? Un deal de plusieurs dizaines de milliers de dollars peut se monter en l'espace de deux heures, et il est également facile de braquer en un quart d'heure l'inévitable débutant, lui aussi blindé de liquide et toujours disponible. Mieux : l'insouciance de certaines décisions ne colle décidément pas avec les demandes d'un tel travail, créant des rebondissements à l'artificialité flagrante (Ty risquera par exemple sa couverture pour dire en personne bon anniversaire à sa femme).


De plus, si Logan Marshall-Green colle parfaitement à son personnage et arrive à lui apporter une densité et une dose de folie foncièrement jouissive, ce n'est malheureusement pas encore le cas de ses collègues, qui semblent encore tâtonner pour trouver leurs marques. On a ainsi encore du mal à croire que le flegmatique Carter Shaw de Dylan McDermott est ce ténébreux surdoué des services de police, torturé, hanté et énergique chef d'escouade capable de juger du risque de toutes les situations en un clin d'oeil. Un point qui risque heureusement de s'améliorer puisque Dark Blue prend le parti de plonger plus en avant que les productions habituelles de Bruckheimer dans la vie personnelle de ses protagonistes. Dans les premières images, Ty Curtis est défini comme un homme pour qui la vie privée est très importante, d'autant que celle-ci est immédiatement mise en danger dans le seconde épisode. Le passé de Jaimie et de Carter est également évoqué de but-en-blanc, et la dualité ainsi que la loyauté de Dean sont sans cesse remises sur le tapis, bien que ce doute soit finalement assez artificiel.


Une poignée d'éléments positifs qui empêche le show de sombrer, et permettra même au spectateur cherchant simplement une série vite appréciée, vite oubliée de passer un agréable moment. Au final, Dark Blue se place donc pour le moment dans la bonne moyenne des séries de la chaine, ni une flagrante réussite, ni une véritable catastrophe. Reste à savoir si elle s'essoufflera ou non sur la longueur, si les futurs réalisateurs du shows arriveront à être aussi efficace que Danny Cannon (Les Experts Manhattan, Eleventh Hour), et si les scénaristes exploiteront au mieux les différents éléments mis en place au lieu de les prendre pour acquis.


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