Par David Brami - publié le 08 juin 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h41 - 2 commentaire(s)
La rumeur que nous vous annoncions hier concernant le renouvellement de la série Jericho malgré son annulation lors des upfronts a finalement vu sa confirmation officielle hier lorsque Nina Tassler, la présidente de CBS entertainement, est intervenue sur le forum de la série.


Après avoir fait part de son admiration concernant la dévotion des fans, la présidente confirme donc la mise en chantier de 7 nouveaux épisodes dont la date de diffusion n’a cependant pas encore été arrêtée (on imagine, pas avant la mi-saison ). Elle rappelle cependant que si le show veut survivre, il doit nécessairement gagner une audience plus large. La chaîne prend ainsi l’initiative de rediffuser le show cet été ainsi que celle de diffuser en streaming épisodes et extraits sur le net alors que le coffret DVD de la première saison est programmé pour le 25 septembre en Zone 1. Cependant, elle incite aussi fortement les fans à pousser leur entourage à regarder le show et à lui apporter une audience grandissante pour que celui-ci perdure (et demande gentiment l’arrêt d’envoi de cacahuètes aux bureaux de la chaîne).

L’histoire de Jericho montre ainsi une nouvelle fois que même dans le monde industrialisé des programmes télévisés à très lourde logistique, les protestations se font parfois entendre. A l’instar de la série de CBS, les protestations de fans avaient permis à d’autres programmes de connaître une suite, soit en atteignant le grand écran (comme pour le Firefly de Joss Whedon et son film-conclusion Serenity) soit, comme en témoignent Veronica Mars et Arrested Development, en obtenant jusqu'à deux saisons supplémentaires. Mais comme le montre aussi le sort de ces deux séries, depuis annulées, les protestations et les efforts des fans ont une limite si le public ne suit pas cette initiative.


Ronald D. Moore se souvient encore bien de l’arrêt de la série Carnivale, qui malgré un scénario et un casting en béton armé, ne s’est vu octroyer que deux saisons aussi jouissives que leur final fut frustrant. Sans doute cela a t’il en partie motivé sa décision et celle de son co-producteur de donner une réelle fin à leur actuel et acclamé succès Battlestar Galactica, pour ne pas accoucher à nouveau d’une œuvre bancale.

Il est en tout cas difficile de ne pas repenser en de telles circonstances à d’autres séries avortées, certains n’ayant parfois pas même eu la courtoisie d’une diffusion complète des épisodes déjà tournés, et ce malgré des qualités évidentes d’écriture et de mise en scène. On se souvient ainsi avec nostalgie entre autres de : Profit, Wonderfalls, Surface, ou plus récemment Day Break et Drive, la dernière série en date d’un Tim Minear décidément bien maudit, dont seuls 4 épisodes eurent les faveurs d’une diffusion sur les ondes. Beni soit le support DVD pour leur offrir la plupart du temps une seconde vie, loin du vite diffusé-vite oublié.


Cependant, après cette avalanche de cacahuètes, on se demande aujourd’hui à quoi auront recours les futurs fans d’un prochain programme en voie d’extinction. On imagine aisément certains capitaliser sur ce besoin, à l’image de l’initiative du site Nutsonline.com. Le business d’annulation de séries, un filon d’avenir ?
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