Par David Marmignon - publié le 05 mai 2008 à 10h02 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 10h47 - 6 commentaire(s)
La rentrée est arrivée avec sa cohorte de nouveaux show et d’arlésiennes qui fabriquent toujours autant de bonheur pour de nombreux fans à travers le monde. South Park est assurément de cette trempe. Souvent critiquée, incomprise, la série est pourtant un modèle de qualité sur l’ensemble de ses saisons, une pépite qui se bonifie d’années en années, inaugurant des épisodes révolutionnaires, aux concepts absolument fous, des parodies savoureuses (le maître mot de cette onzième année), sans oublier de rester l’un des seuls poils à gratter de la télévision américaine assez corrosif pour énerver Tom Cruise et le Vatican en même temps.



Après une saison 10 riche en attaques en tout genres (et procès), politiquement très incorrecte, la saison 11 revenait à une base plus confortable, mais pas moins savoureuse. Après des morceaux énormes comme les parodies de 300, 24 et des films de zombie, la plupart des fans attendaient la deuxième partie de l’année avec impatience. En effet, une saison de South Park est ainsi divisée en deux parties distinctes pendant l’année, ce qui permet une coupure un peu moins insoutenable, et une réactivité quasi immédiate par rapport à l’actualité (on se souvient du season premiere de la saison 10 voyant le retour du Chef, répondant directement au départ de Isaac Hayes de la série pour cause de scientologie aigue).

Annoncé à grand renfort de publicité, l’épisode de reprise voit donc l’inénarrable Cartman vivant l’un de ses rêves les plus fous : atteint de la maladie de Tourette, l’ignoble garnement peut proférer en toute liberté jurons, insultes, et autres joyeusetés, le tout sous consentement médical. Mais, Kyle, peu dupe du manège de son nemesis (suivant la logique entreprise dans les dernières saisons) ne compte pas le laisser faire. En résulte donc un épisode encore plus vulgaire qu’à l’accoutumé, le langage fleuri de Cartman et les situations dans lesquelles ces insultes sont proférées provoquant une hilarité primaire, mais tellement jouissive. Trey Parker flatte les plus bas instincts de la personnalité humaine et ça fait un bien fou. Et quand se mêle à tout ça un célèbre présentateur américain dont les méthodes et la déontologie sont aussi puantes que le comportement de Cartman, et un massacre collectif de pédophiles (et on en dit encore trop), on peut toucher le nirvana suprême : South Park est de retour, et l’attente d’inédits rend chaque semaine toujours plus longue (et si on rajoute à ça la rentrée de How I Met Your Mother, on en vient presque à se damner pour que le temps s’écoule plus vite).



Certes, l’épisode ne tient pas franchement la route face aux mastodontes contenus dans cette saison 11, la faute à une rythmique comique un peu lourde et répétitive et un manque de folie flagrant (à part les dernières minutes complètement connes et donc absolument délicieuses). Mais la qualité jamais estompée d’une série comme South Park est un modèle après tant d’années, là où d’autres séries s’enfoncent encore plus dans des saisons inutiles et pathétiques. En espérant que la déchéance des Simpson n’atteigne jamais le génie créatif de Trey Parker (qui a d’ailleurs écrit et réalisé à lui seul l’ensemble des épisodes de la série, ou presque), et que l’équipe saura s’arrêter à temps. Au vu de cette reprise, on peut espérer encore beaucoup de longues années d’aventures dans le trou du cul du Colorado.
Vos réactions


logAudience