Il aura été difficile de ne pas attendre avec avidité la suite des aventures de notre asocial favori, l’implacable Dexter, le fameux dépeceur de serial killers. Tranchant radicalement (c’est le cas de le dire) avec le rôle qu’il tenait dans la série Six Feet Under de Alan Ball où il incarnait un homosexuel sensible tiraillé entre les désirs de sa foi et son aspiration au bonheur, le charismatique Michael C. Hall revient pour notre plus grand bonheur dans une des séries les mieux conçues de ces dernières années.
Adaptant avec puissance et rigueur (mais non sans certaines libertés) le premier roman de la fameuse série de romans de Jeff Lindsay, James Manos Jr, producteur consultant sur la première saison de The Shield, nous offre lors de la première saison un spectacle de tous les instants, aussi formellement beau qu’intellectuellement nourrissant. Ne laissant jamais le spectateur dans une expectative creuse, la série met ainsi en scène Dexter, un spécialiste médico-légal au service de la police de Miami dont la sensibilité atrophiée par une enfance obscure voit sa seule bouffée d’oxygène reposer dans la satisfaction de son goût du sang.
Un besoin viscéral et vital d’homicide, guidé par un code insufflé lors de son adolescence par Harry (James Remar), un père adoptif et ancien flic qui lui apprit de nombreuses méthodes visant à assouvir son besoin tout en rendant service à la société en la débarrassant de ses membres les plus nocifs.
Alors que la première saison voyait Dexter en compétition avec un ice-truck killer qui lui faisait redécouvrir ses origines, cette seconde saison, se libérant de l’œuvre originale avec un scénario inédit, débute alors que tous les éléments de la vie de Dexter se retournent contre lui.
Secoué mentalement par les événements précédents, notre justicier underground semble perdre de sa superbe alors qu’il n’arrive plus à assouvir ses pulsions et n’arrive plus à suivre aussi rigoureusement son infaillible méthode. Avec une victime dans la nature et constamment sous la double surveillance du sergent Doakes (Erik King) qui le suit à la trace et de sa sœur Debbie (Jennifer Carpenter) habitant maintenant chez lui à plein temps, Dexter va devoir vite se reprendre tandis que son trauma infantile remonte à la surface, et qu’est découverte par les autorités sa cache à cadavres.
Cette nouvelle saison verra de plus l’apparition de nouveaux personnages comme l’agent spécial Lundy interprété par Keith Carradine (
Les Duellistes) chargé d’enquêter sur les cadavres retrouvés dans la baie et attribués à celui que la police nomme désormais le boucher de la baie, alors qu’un culte naissant lui est consacré quand l’identité des victimes commence à être révélée. L’actrice Jaime Murray (
Les arnaqueurs VIP) incarnera quant à elle une artiste ex-droguée qui deviendra la complice de notre sociopathe préféré. Apportant au spectateur de quoi assouvir ses plus intimes fantasmes et titillant notre besoin de justice ainsi que nos pulsions les plus animales,
Dexter comble le spectateur en lui apportant des intrigues et des pistes intelligentes et rapidement résolues au lieu de le frustrer chaque semaine comme le font d’une manière constante la majorité des séries blockbusters des grands networks. Et ne serait-ce que pour cela, il est impératif de se jeter dessus.