Après avoir essuyé les échecs dans sa tentative de reconquérir son mari Derek, se sentant professionnellement dans l’impasse et ayant lourdement besoin d’un changement radical, le Docteur Addison Montgomery décide de quitter l’hôpital de Seattle Grace pour aller, sur l’invitation de sa meilleure amie, exercer ses dons dans une petite clinique prénatale privée de Californie.
Déjà introduite pendant la précédente saison de Grey’s Anatomy lors de deux épisodes où Addison part dans cette fameuse clinique pour bénéficier d’une insémination artificielle (situation qui aura un dénouement moralement tragique pour le personnage), et y découvre au passage la galerie haute en couleurs de ses futurs collègues, cette nouvelle série dérivée des aventures de Meredith Grey, même si elle se regarde sans déplaisir avec même un contentement certain, pourrait dans un premier temps décevoir certains spectateurs avides de chamboulement et de nouveautés innovantes.
En effet, et contrairement à nombre de spin off qui décident dès leur pilote de couper les ponts avec la série originale,
Private Practice, décide quant à elle de ne jamais renier son statut de série dérivée. Ainsi, la série cite avec lucidité ses rapports avec la série mère de Shondra Rhimes et conserve, tant dans ses situations que dans ses personnages, un ton bien reconnaissable qui fera frémir les inconditionnels. Les origines et le passé de Addison sont ainsi souvent abordés, qu’il s’agisse de l’introduction ou afin de marquer le contraste avec l’ancien travail de la belle (soulignant parallèlement au season premiere de la nouvelle saison de < b>Grey, cette thématique du changement).
De même, la série conserve les mêmes tics d’écriture que
Grey, nombre de personnages ayant des traits de caractère similaires (le beau gosse charmeur, la femme autoritaire à problèmes, le timide bon garçon… tous bien évidement dotés d’un défaut outrancier visant à les rendre humains et moins caricaturaux, ce qu’ils deviennent cependant fatalement dans une certaine mesure) avec le ton léger habituel ici souligné, les situations souvent bigger than life, même si ici elles font parfois écho à des situations déjà abordées dans nombre de séries médicales (par exemple une grossesse périlleuse qu’une heureuse résolution solutionne tout autre problème), peut-être pour ne pas encore une fois trop choquer une audience visée s’attendant sans doute à retrouver une Grey’s Anatomy Bis, appliquée cette fois au domaine plus calme et plus balisé du privé, tout en soulignant toutefois le caractère universel des problèmes rencontrés.
Des choix marketing qui servent autant de défauts que de qualités, un peu comme si la chaîne proposait deux saisons de
Grey l’une à la suite de l’autre, avec des intrigues propres et des personnages toujours attachants, servis de plus par une galerie d’acteurs qu’on apprécie toujours de revoir. On y retrouve ainsi les talentueux Taye Diggs (
Basic, DayBreak), Paul Adelstein (
Prison Break), Tim Daly (
The Nine, Eyes, Wings), Chris Lowell (
Veronica Mars), Amy Brenneman (
Heat, Daylight, 88 Minutes), Audra Mc Donald (
Broadway 39e Rue) et Jane Clark (
Chicago Hope).
Amusante, divertissante et plongeant le spectateur en terrain connu à défaut d’être innovante,
Private Practice est un divertissement honnête qui, on l’espère, gagnera sans doute une personnalité propre au fur et à mesure que les intrigues et les épisodes marqueront plus subtilement le caractère des personnages. On imagine ainsi difficilement, si la série remporte ce dernier pari, que les 13 épisodes déjà commandés ne s’étendent pas à la vingtaine lors d’une première saison que les fans de Shondra Rhimes vont de toutes façons se faire un devoir de ne pas rater.
David Brami