En touche à tout incorrigible, de film hollywoodiens de tous genres aux dessins animés, documentaires et séries télévisées, il y avait encore un genre que le célèbre réalisateur et producteur Steven Spielberg n’avait pas encore approché. C’est aujourd’hui chose faite avec la nouvelle série
On the Lot qui débute cette semaine aux Etats-Unis.
Associé au célèbre Mark Burnett, dont la société de production est déjà en charge du célèbre
Survivor (et dont
Koh Lanta est le pendant français), le génie incontesté d’Hollywood nous propose ici un show dont le but n’est autre que d’élire le meilleur réalisateur parmi une cinquantaine de candidats, déjà eux-mêmes vainqueurs d’une sélection sur plus de 12 000 réalisateurs, et de lui offrir au bout de l’aventure un contrat chez Dreamworks, ainsi qu’un budget de 1 million de dollars pour mener à bien son projet.
Sélectionnés sur la base de films déjà réalisés, les candidats vont devoir subir une série d’épreuves s’étalant sur 13 semaines, étant jugés par trois professionnels de l’image. Le choix du jury, à l’image de celui désigné pour d’autres reality show tels que
American idol ou
La nouvelle star pour parler de ce que l’on connaît mieux dans notre pays, est évidement hautement discutable et annonce d’emblée la couleur : le show veut jouer sur le sensationnalisme et cherche avant tout à flatter l’ego des masses qui se contentent de simples divertissements, sans se préoccuper de message ou de discours de fond.
A l’image de nombre de succès au box office, la définition d’un film hollywoodien semble au niveau du show se résumer à un bon gros pop-corn movie familial. Composent ainsi le Jury, le très discutable Brett Ratner (réalisateur de la série des
Rush Hour ou encore de
Red Dragon), la sympathique Carrie Fisher (accompagnée de l’éternel commentaire par un des concurrents sur son rôle dans
Star Wars) et le populaire habitué des comédies romantiques mielleuses Gary Marshall (réalisateur de
Pretty Woman, Just married (ou presque) ou encore le récent
Georgia rule).
A l’image du
Beauty and the Geek de Ashton Kutcher qui se propose de mettre en opposition des couples composés d’une beauté sans cervelle et d’un asocial passionné, ou encore du
Who Wants to be a Superhero de Stan Lee, mettant en scène des candidats costumés, le premier épisode de la série, diffusé le 22 mai dernier sur la chaîne Fox, proposait de départager les 50 candidats lors d’une première épreuve, consistant ici à pitcher un script, c'est-à-dire à en exposer les grandes lignes devant le jury, à partir d’un thème déterminé à l’avance. Comme dans tous shows de même nature, le pire côtoie le meilleur et l’inévitable indignation laisse parfois place à l’hilarité, livrant son lot de pathos au passage. A l’issue de l’examen s’engage ensuite entre les 36 candidats restants une seconde épreuve : mener à bien le tournage d’un film d’une durée de 2 minutes et demie, devant être tourné en moins de 24 heures. Epreuve supplémentaire, les candidats doivent former des groupes de 3, chacune des 3 séquences du film étant attribuée à un membre de l’équipe.
Croisement entre un
Star academy et le
Project greenlight de Matt Damon, Ben Affleck et Chris Moore, une série mettant en scène un concours de scripts,
On the Lot fait partie de ces shows de télé-réalité qui tentent de rameuter un public que le genre généralement offusque. Addictive de part son principe racoleur et pourtant hautement jouissif, le roi Spielberg pourra au moins se vanter d’ajouter cette initiative à la liste de ses contributions à l’industrie de l’entertainement. L’avenir nous dira si c’est une chose dont il pourra vraiment être fier.