Par - publié le 17 août 2007 à 01h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 19h31 - 1 commentaire(s)
L’art de rebondir après le mirifique Six Feet Under: True Blood, nouvelle série de Alan-Ball-qui-a-tout-compris-à-la-vie sur les vampires, verra la lumière du jour seulement l’année prochaine. L’attente est presque aussi insoutenable que celle d’un nouveau Terrence Malick.

C'est fou comme la beauté inouïe, la justesse déchirante, l’humour élégant, l’épilogue indiscutable de la série Six Feet Under donnent envie d'appeler à la rescousse de notre enthousiasme toute la batterie des expressions les plus affreusement galvaudées. Et, pourtant, c’est vrai. Il fallait oser accompagner sa série dans sa propre mort. Le rideau a beau être définitivement tiré; on ne s’en remet pas. C’est le genre de série dont on sort littéralement repu, en sanglots, débarrassé de nos blagues grinçantes, de nos héros en urgence, de nos pistolets factices et de nos effets trop spéciaux. En dépit de l’inoubliable conclusion de cette saga Babylonienne (à faire frémir n’importe quelle fiction de cinéma censée traiter de l’épineux problème du deuil), il y aura un après-Six Feet Under: une nouvelle série, True Blood, toujours produite par HBO. Et Dieu sait comme Alan Ball, papa des deux séries, va devoir frapper fort pour nous combler de ce douloureux manque. Sa bonne idée? Changer de cap et s’attaquer aux babines sanguinolentes des vampires. En toute logique, ce devrait être la série télé événement de l’année prochaine.


Six Feet Under

Alan Ball a donc fait son deuil. Son talent a eu raison. Sa première bonne idée avec True Blood consiste à s’attaquer à un sujet diamétralement opposé (les vampires donc) pour rebondir avec du sang neuf sur la mort (la morbidité est son sujet de prédilection depuis le script arrachée à la noirceur crue d’American Beauty) et proposer une nouvelle «formule» aux aficionados acquis à sa juste cause pour une nouvelle fois dépoussiérer tous les vilains clichés qui endorment nos séries moyennement actuelles. Alors qu’il est en post-production de Nothing is private, premier long métrage très prometteur où une jeune Irakienne de treize ans vivant au Texas découvre une attirance sexuelle pour son voisin bigot joué par Aaron Eckhart, le beau gosse doué en rhétorique de Thank you for Smoking, il s’inspire avec le cathodique True Blood des romans de Charlaine Harris et de sa saga (La Communauté du Sud). La différence notable sur le sujet vient du fait que lesdits vampires veulent mettre fin à leur clandestinité grâce à (ou à cause de) l'invention d'un sang synthétique qui leur assure une capacité à ne plus chasser les humains. Connaissant le goût du monsieur pour la subversion jamais gratos, il y a fort à parier qu’on ne se retrouvera pas avec un artéfact de Buffy contre les vampires.


Six Feet Under

Si Six Feet Under permettait à des acteurs inconnus de ne plus le rester (à l’exception de comédiens chevronnés comme Rachel Muriel Griffiths, Lili Pecker Taylor ou encore Jeremy May Sisto), True Blood plantera ses crocs dans le destin a priori peu triste de Sookie Stackhouse (la très connue Anna Paquin), une barmaid de Louisiane qui a des dons télépathiques. Sa vie va être bouleversée lorsqu’un vampire dénommé Bill (Stephen Moyer, aperçu dans la série Cold Feet) va tomber sous son charme. Si certains thèmes chers à Ball, comme l’intégration des marginaux dans une société américaine qui n’en veut pas, risquent d’émerger de la surface, on est sang-pour-sang sûr que le postulat de base a priori gentillet va rapidement tourner vinaigre. Les chanceux américains devaient découvrir le pilote réalisé par Ball sur HBO en septembre. Mais, suite à des problèmes de production, notamment dus à un retard du tournage dudit pilote qui n’a eu lieu qu’en juillet dernier, sa diffusion a finalement été suspendue. Pour les américains, True Blood ne démarrera donc que début 2008 et risque d’arriver avec plus de retard encore sur nos ondes. Certes, une mauvaise nouvelle pour ceux qui l’attendaient avec une impatience non feinte mais tout vient à point (ou saignant, c’est selon) à qui sait attendre. En tout cas, un nouveau mythe est en marche.
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