L'HISTOIRE : Tout sent ici le déjà vu, le déjà vécu
Conscient de la popularité de l'illustre série Beverly Hills (10 saisons et deux spin-offs), la chaîne américaine The CW apporte tout le crédit nécessaire à son remake, proposé en Mars 2008 par Rob Thomas (Veronica Mars). Mais le monsieur quitte rapidement le navire et cela se ressent dès les premiers épisodes tandis que l'ensemble pèche désagréablement à plusieurs niveaux. Tout d'abord, les personnages présentés sont bien loin d'avoir l'aura de leurs aînés. Le glamour original fait ici place à un réalisme biaisé où figurent des acteurs qui beaucoup plus âgés que leurs personnages. On croit de plus difficilement au fait qu'Ethan soit le beau gosse du lycée tandis que le manque de rythme d'une réalisation plan-plan parasite un sujet qui aurait pu se révéler autrement plus immersif. Entre les nombreux inserts de plage, de soirée techno et de résidences pavillonnaires animées, on se surprend à s'ennuyer en regardant évoluer une petite communauté dont les aventures ont pourtant tout pour passionner sur le papier.
A l'image de la série originale, chacun possède ses démons et ceux que l'on pourrait envier sont loin d'avoir une vie toute rose. Nombreux sont d'ailleurs les scandales larvés qui font leur apparition dés le pilote, entre enfants cachés, conflits parentaux et amitiés déçues. Au rayon nostalgie, on retrouvera de nombreuses références à l'ancienne série, dont le fameux Peach pit, un restaurant qui servait déjà de point de rendez-vous aux différents protagonistes. La chaîne n'a pas non plus oublié de financer l'apparition d'anciennes super-stars du petit écran présentes dans le show original. Mais tout semble mou et trop artificiel. A ce titre, l'audition d'Annie, désireuse de participer au spectacle du lycée supervisé par Brenda Walsh (Shannen Doherty qui a bien vieilli) est insupportable.
Seuls Rob Estes (avec la classe qui le caractérise), et Jessica Walter (drôle et enjouée, tout simplement le meilleur élément de la série) s'en sortent avec les honneurs. Là où Gossip Girl arrive à nous intéresser avec ses personnages travaillés et une histoire à tiroirs pleine de surprises, tout sent ici le déjà vu, le déjà vécu. Et ce ne sont pas les performances passables des acteurs ou une masse de scénarios virant souvent à la parodie qui arrangeront le tout.
Tour d'horizon des spin-off de séries dramatiques qui utilisent toute la palette de recettes de séries dérivées, avec plus ou moins de succès selon les versions.